Porteur parole

Méthodes en vrac

Cette page est un piège… (mais tout va bien se passer)

Vous êtes venu·es chercher des outils, des méthodes, des techniques ? Commençons par dire que les outils, en eux-mêmes, ne valent rien. La preuve, ils sont utilisés par le management des entreprises pour poursuivre des finalités contraire aux nôtres.

Les démarches d’éducation populaire sont des démarches, pas un amoncellement d’outils pour rendre les réunions plus conviviales, participatives, pour faire en sorte que tout le monde s’exprime, ou encore pour s’assurer qu’on ressort avec une décision claire. Alors certes on va utiliser des outils. Mais l’essentiel, c’est de savoir où on va, par quelles étapes on a besoin de passer, et ensuite on se demande comment on va s’y prendre. Et pour répondre à cette question on ne va pas forcément utiliser un « outil » prêt à l’emploi, mais peut-être plutôt inventer de nouveaux procédés à partir de ceux qu’on a déjà expérimenté.

Les outils sont utiles pour nous contraindre. Nous contraindre collectivement à fonctionner autrement qu’on l’aurait fait de façon « spontanée », c’est-à-dire construite et reproduisant les normes de domination sociale. Les outils vont donc nous permettre de nous décaler vis-à-vis de ces normes, de se rendre compte qu’elles ne sont pas « normales », et de les combattre.

Les outils aident aussi l’animateurice à tenir sa posture, laquelle est son principal outil de travail. Ils aident aussi à inviter le groupe à prendre conscience des objectifs qu’il poursuit, à exercer une réflexivité. Ils ne doivent pas être utilisés comme des outils d’animation, mais comme des moyens pour réaliser une volonté politique : volonté qui doit être explicitée et partagée avec le groupe (« je vous propose de procéder comme suit, car, notre ambition étant de…, cela nous permettra de … Est-ce que cela vous convient ? »).

L’accompagnement de processus d’éducation populaire, c’est avant tout un combat politique, une posture éthique, un engagement pour l’émancipation de toustes et pour la transformation sociale.

Quelques ressources sur la posture d’éducation populaire :

Les préalables à l’utilisation d’outils et techniques

S’engager collectivement dans une démarche d’éducation populaire, ça ne s’improvise pas. Cela nécessite une volonté commune.

Cette volonté prend sa source dans le constat d’une difficulté, d’un problème, d’un blocage, d’une souffrance, et le besoin d’agir dessus. On va alors souhaiter, ensemble, identifier en quoi cela relève d’une question sociale (et pas seulement un amoncellement de situations individuelles dues à des causes individuelles), quelles sont les sources de celle-ci en termes de rapports sociaux, et in fine quelles sont nos marges de manœuvre pour faire évoluer notre situation et, au-delà, les rapports sociaux.

La première étape d’une démarche d’éducation populaire est donc d’être un collectif : d’où, très souvent, la nécessité de phases préalables de Fêtes des voisins, d’apéros de service, etc., au cours desquelles on va apprendre à se connaître, à se reconnaître voire à se faire confiance ; on va parler de tout et de rien, mais aussi de nos difficultés jusqu’à identifier qu’il y en a que nous avons en commun ; on va finalement décider de prendre du temps ensemble pour réfléchir et tâcher de trouver des moyens de reprendre prise ensemble sur nos situations. Voir à ce sujet la brochure Culture et sociabilité, et celle sur Syndicalisme de classe & action collective émancipatrice en union locale.

L’éducation populaire n’est pas (seulement) une activité intellectuelle qui vise à comprendre le monde et à réfléchir aux contradictions du réel. Elle vise la transformation sociale. Pour cela, elle se base schématiquement sur le processus suivant :
– On part du réel, de nos expériences sociales vécues
– On les analyse, et on croise nos analyses avec des savoirs critiques : on monte en généralité
– On retourne vers le réel, on réfléchit à comment faire évoluer nos situations et plus généralement les rapports sociaux : et on passe à l’action !

Autres ressources

Je développe toutes ces questions dans l’ouvrage « Organisons-nous ! Manuel critique », dans lequel vous trouverez de nombreuses ressources et réflexions.

Quelques principes que je présente ailleurs sur ce site :
Principes d’éducation populaire
Les ressorts de la mobilisation
Les paradoxes du fonctionnement en collectif
Petits malentendus et grandes incompréhensions

Plein d’autres sites qui proposent des ressources, répertoriés dans la rubrique « Liens à suivre ».
En particulier :
– Le livre « Micropolitiques des groupes« , de Davis Vercauteren
– Les fiches méthodes sur le site de 350.org
Le bureau des méthodes en éducation populaire

Et, au fil des paragraphes ci-dessous, je vous indique des liens à suivre pour développer votre propre recherche. Car l’éducation populaire, c’est un processus de recherche et de tâtonnement, et ce n’est pas celle des autres mais la nôtre également : il n’y a donc pas de raccourcis ni de livre de recette prêtes à l’emploi, et il va vous falloir vous construire votre propre parcours, et j’espère que ce site vous y aide. Bonne route !

Ci-dessous, j’organise mon propos en différentes catégories :

  1. Créer le groupe et les conditions pour réfléchir et agir ensemble
  2. Partir de nos expériences sociales et les croiser avec des savoirs critiques
  3. Imaginer d’autres possibles et analyser les contradictions
  4. Prendre des décisions, passer à l’action
  5. Construire la mobilisation collective

1- CRÉER LE GROUPE & LES CONDITIONS POUR RÉFLÉCHIR ET AGIR ENSEMBLE

Accueillir pour de vrai, aménager l’espace

Très souvent, l’accueil est bâclé, pas fait, mal fait. Ça nous paraît inutile. On cache notre pudeur derrière un rationalisme mal placé, et on considère qu’il n’y a rien à faire de particulier. Les gens sont là, les chaises sont là (dans le meilleur des cas) : what else? heu… comment dire… Voyez par exemple comment cette organisation réalise l’accueil et l’intégration de ses membres !

Dans la même idée, l’aménagement de l’espace n’a rien d’une évidence. Il communique, par lui-même, des choses, des normes, des façons de se comporter et d’interagir. Je  ne dis pas que mettre les chaises en rond crée de l’horizontalité, mais disons que cela montre une intention un peu différente que quand la salle est aménagée avec une tribune et des chaises en salle de classe. Je ne dis pas non plus qu’il faut toujours mettre les chaises en rond : quand je vais à une conférence, je préfère être face à l’intervenant·e, et avoir une table pour prendre des notes confortablement. Je ne suis pas venue écouter l’avis de mon voisin Jean-Michel sur la question, mais ce qu’en dit l’intervenant·e… Idem, pour regarder un film, mettre les chaises en rond n’est pas très pertinent, quitte à bouger ensuite si besoin. Donc toujours la même chose : penser les objectifs, l’intention, ce qu’on recherche, et en fonction déterminer comment on va s’y prendre.

Construire un cadre de confiance

En tant qu’animateurice, on a une responsabilité vis-à-vis du groupe en ce qui concerne le cadre. Ce qui ne veut pas dire qu’on doit exercer cette responsabilité seul·e et de façon autoritaire.
Par exemple :
– C’est à nous de nous assurer qu’on est d’accord sur jusqu’à-quelle-heure on est ensemble.
– C’est à nous aussi de poser la question des modalités pour les échanges. Les règles pour la prise de parole, par exemple. Et les meilleures règles étant celles qui sont décidées collectivement pour répondre à un constat fait collectivement, il peut être intéressant de prendre un temps pour discuter ensemble de cela. Il existe différents outils pour distribuer la parole (liste de parole, double et triple liste, bâton de parole, tickets de parole…) : quelques-uns d’entre eux sont présentés dans cette vidéo.

Ce cadre collectif, ces règles définies et acceptées collectivement, doivent être explicites. De plus en plus de groupes parlent de « safer space » ou de « brave space » : espaces plus sûrs, espaces d’encouragement. Vous trouverez ici un exemple de règles pour un safer space.

Pas de confiance sans reconnaissance

Savoir qui est autour de la table. Pouvoir exprimer pourquoi on est là, savoir pourquoi les autres sont là. Se connaître un minimum. Et, si on s’engage dans une démarche plus longue ou plus engageante, se donner les moyens de se connaître davantage, sans attendre que le temps fasse son affaire (que parfois il ne fait pas : on peut passer des années à faire des réunions régulières avec des gens et finalement les connaître très peu).

Le risque du tour de table classique, c’est qu’il pose d’emblée les légitimités et les hiérarchies au sein du groupe (et au concours de CV et d’ancienneté, les dominants [classe, race, genre…] sont structurellement plus enclins à se faire valoir que les dominé·es).
Pour éviter cela, on peut recourir à des stratagèmes (= mettre en place des techniques) pour favoriser d’autres dynamiques. Par exemple, se présenter par 2 avec la consigne explicite de dire pourquoi on est là et ce qu’on peut apporter au groupe (il est plus facile de se faire valoir en petit comité), puis l’un·e présente l’autre face au groupe.

Le temps d’interconnaissance, notamment quand la séquence collective est courte, est un bon moment pour entrer dans le sujet qui nous rassemble (c’est le cas de l’exemple précédent).

Mais si on a davantage de temps, et si on a un réel objectif de créer une complicité au sein du groupe, une interconnaissance, on peut mettre en place des outils plus « ludiques » qui viseront à casser les conventions selon lesquelles on se présente habituellement. Attention : si la séquence est courte, l’aspect ludique et déconnecté d’un objectif pertinent risque légitimement d’être perçu comme infantilisant et stupide par les participant·es…
Cela peut-être par exemple (inventez-en d’autres !) : échanger une anecdote sur son prénom de manière à ce que les autres le retiennent plus facilement ; par 2, rechercher pendant 10 minutes le point commun le plus inattendu et incongru qu’on puisse avoir (avoir été au même concert des Béru en 1984, avoir un chien qui porte un nom d’artiste, etc.) puis l’annoncer au groupe.

2- PARTIR DE NOS EXPÉRIENCES SOCIALES VÉCUES & LES CROISER AVEC DES SAVOIRS CRITIQUES

C’est à partir de nos réalités que l’on va analyser ensemble nos situations, et élaborer une compréhension et une réflexion des mécanismes qui structurent la société. Une fois le groupe constitué, on va donc chercher à rechercher ce qui, dans nos expériences sociales vécues, nous donne des éléments de connaissance de la situation que nous voulons transformer.

C’est par l’action qu’on s’émancipe

C’est par ce qui nous arrive dans le réel qu’on prend le mieux conscience des mécanismes sociaux (et, pour les comprendre, on va se nourrir des savoirs critiques qui les décryptent). Ainsi, une « stratégie » d’éducation populaire consiste à favoriser le fait de vivre des expériences collectives, ce qui permet de travailler ensemble au travers de celles-ci.

C’est ce qu’on appelle le double-agenda. Quoiqu’on fasse, il y a l’objectif qu’on poursuit (jouer au foot ensemble, monter une pièce de théâtre, mener une action de solidarité, mener une action revendicative…), et il y a la façon dont on poursuit cette objectif. On peut déléguer l’écriture de la pièce à un écrivain·e, la réalisation d’affiches à un·e graphiste… Ou on peut essayer de le faire ensemble, et, au travers de cela, avoir plein de situations concrètes à décrypter ! Car, comme le dit Bernard Lubat : « Il faut jouer pour apprendre, et non pas apprendre pour jouer. »

Séparer les faits de leur analyse : préférer les récits aux argumentations

On montera en généralité plus tard. Pour l’instant, allons-y étape par étape : restons-en aux faits.
Cette façon de distinguer de façon stricte les faits de leur analyse est notamment le propre de la démarche dite d’entraînement mental.

Il s’agit d’éviter que notre réflexion collective ne soit confisquée par les « sachant·es » (c’est-à-dire celleux d’entre nous qui ont plein de choses à apprendre aux autres parce que ça fait bien longtemps qu’iels réfléchissent au problème qui nous occupe), par ceux qui croient savoir et qui veulent donner leur avis sur tout, ou que nous nous retrouvions bloqué·es d’emblée par la complexité de la question. Le processus d’éducation populaire nécessite un processus de recherche collective, et nous ne sommes pas là pour obtenir un exercice corrigé (la solution parfaite n’existant par ailleurs probablement pas étant donnée la complexité du réel). Il consiste aussi à reprendre confiance en nos capacités individuelles et prise sur nos situations, alors que le fait de se faire expliquer les choses pourrait avoir tendance à nous pousser à déléguer la responsabilité d’agir à celleux qui comprennent si bien pourquoi c’est ainsi…
Nous allons donc nous contraindre, dans un premier temps, à aller rechercher dans nos vécus les manifestations concrètes de la situation que l’on souhaite travailler. Pour rendre la question concrète, mais aussi parce que ce sont ces manifestations concrètes que nous souhaitons faire évoluer (l’éducation populaire ne cherche pas seulement à comprendre : comprendre doit surtout nous servir à agir), ce qui nécessite de les identifier clairement.

Quelques pistes pour faire cela :

  • Par exemple, pour travailler sur la question du nucléaire, et plutôt que de démarrer par « Que pensez-vous du nucléaire ? », commencez plutôt par « Quels souvenirs avez-vous de la période de la catastrophe de Fukushima ? Qu’avez-vous ressenti à ce moment là ? »
  • Ce type de consigne peut être donnée dans le cadre d’un « groupe d’interview mutuelle », au cours duquel, 3 par 3, les participant·es vont l’un·e après l’autre raconter une anecdote à partir de cette question. L’objectif de production collective, qui sera restituée en grand groupe afin de poursuivre ensuite le travail, pouvant être d’identifier en 2 colonnes ce qui donne de la force et ce qui en enlève / ce qui pose problème et les pistes pour avoir prise et agir.
  • Autres exemples de consignes : Racontez-vous un moment où vous avez pris conscience de votre classe sociale. Racontez-vous un moment où vous avez pris conscience de votre genre / de votre sexe. Racontez-vous votre première mobilisation collective. Racontez-vous votre première ou votre dernière déception politique. Racontez-vous un moment déclencheur de votre engagement.
    Ou encore : Racontez-vous une chose qui ne fait pas sens pour vous dans votre travail. Racontez-vous un moment où vous vous êtes senti·es isolé·es et inutile dans votre structure. Racontez-vous qqch qui vous met en difficulté dans votre structure. Etc.
  • Aller rechercher dans l’histoire peut aussi être une piste : c’est le principe de l’exercice « petite histoire – grande histoire », dont vous trouverez des présentations sur divers sites notamment ici, ou, variante, celui de la frise en pinces à linge (chacun·e accroche avec une pince à linge sur un fil des demies-feuilles avec écrites dessus des étapes qui ont construit par exemple sa prise de conscience de la crise écologique). Cela construit à la fois de l’interconnaissance, de la connaissance du sujet qui nous rassemble, et surtout, c’est le but, du débat sur le « pourquoi est-ce ainsi ? ».

Points d’attentions sur ce type d’exercices :
Distinguer le personnel du privé : chacun·e ne dit que ce qu’iel veut, et il ne s’agit pas de rentrer dans l’intimité des un·es et des autres. D’ailleurs, nous ne sommes pas réuni·es pour traiter des cas individuels, mais bien pour dégager des pistes d’analyse et d’action collective.
– Que chacun·e fasse relativement court, notamment parce que le but est de travailler ces situations : se les raconter n’est qu’un moyen, et il ne faut pas passer tout notre temps sur cette étape.
– Ne pas réagir aux anecdotes des autres : pas de commentaires, et encore moins de conseils, même bienveillants. La réflexion se fera sur la dimension systémique que l’on identifiera ensemble.

Découvrez la démarche des Universités populaires de parents, et, du côté d’ATD Quart Monde, les co-formations et le croisement des savoirs : film et textes.

Je vous conseille également la lecture de :
La lutte des Young Lords contre l’intériorisation de la « mentalité colonisée »
Empowerment et féminisme noir

Cette dimension de l’éducation populaire est une dimension directement culturelle. Elle est à mettre en lien avec la notion de droits culturels (voir ici et )

Partir de nos présupposés pour aller vers la complexité

Nous allons travailler à partir de ce que nous sommes, et sur les sujets qui nous touchent nous avons forcément des présupposés. L’objectif est de les travailler ensemble, de complexifier notre compréhension de la réalité. Et pour cela, nos présupposés sont nos points de départ. Il peut donc être utile de les partager, de les expliciter, afin de pouvoir nous appuyer dessus pour la suite du processus collectif.

Quelques pistes pour faire cela :

  • Demander à chacun·e d’exposer une certitude + un doute sur la question qui nous rassemble. Par exemple, sur le nucléaire : quelle certitude et quel doute avez-vous ?
    De la même façon : demander à chacun·e d’exposer un rêve + une colère sur la question qui nous occupe. Comme c’est une question compliquée, on peut passer par une étape en binômes pour y réfléchir, avant de faire un tour des rêves et colères de chacun· en grand groupe.
  • La technique de plus en plus connue du débat mouvant vise à partir de nos présupposés pour travailler la contraction et entrer dans la complexité. Il s’agit de travailler à partir d’une affirmation qui pose un problème dialectique : c’est-à-dire qu’elle est à la fois vraie et fausse. Les participant·es sont invité·es à se positionner en étant soit « d’accord » soit « pas d’accord » avec cette affirmation, même si cela est compliqué. Chaque groupe va ensuite prendre un temps pour construire ses arguments, puis ceux-ci seront échangés. Le but n’est pas de solutionner le dilemme, mais d’identifier les contradictions en jeu.
    Voir une présentation détaillée par Outils-réseaux.
    Et quelques exemples d’affirmations : La fin justifie les moyens / Quand on veut, on peut / La bienveillance est nécessaire à la lutte / C’était mieux avant / La démocratie, c’est contradictoire avec l’efficacité / Pour s’émanciper, il faut être inséré / …
  • Le porteur de paroles (et, sur un principe proche, les brigades mobiles) vise à favoriser la réflexion dans l’espace public. Il se base sur des questions ouvertes non polémiques telles que « Que faites-vous de votre temps libre ? », « Qu’est-ce que travailler ? », « Liberté, égalité, fraternité : lequel de ces trois termes vous touche le plus ? ».
    Lire une présentation détaillée par Paroles partagées, et ici une vidéo. Mais surtout, je vous conseille de lire le Petit manuel de travail dans l’espace public, qui apporte bien plus qu’une méthode : une réflexion !
    Par ailleurs, au-delà d’un moment de libération de la parole et d’échanges dans l’espace public, on se poser la question de l’étape suivante : à quelle démarche collective invite-t-on les personnes rencontrées ?

Partir de ce que l’on sait

Parce qu’on sait plein de choses… Sinon cela ne ferait pas question pour nous.
Deux exemples de façons pour favoriser le partage des connaissances :

  • L’escargot de la connaissance : « Sur la question qui nous rassemble, placez-vous en ligne (en escargot, en 3/4 de cercle) selon que vous pensez en savoir beaucoup ou en savoir peu ». La parole est donnée aux personnes dans l’ordre où elles se sont classées, en commençant par celles qui pensent en savoir le moins. Chaque personne est invitée à donner une idée (qui n’a pas déjà été dite).
    En fin d’exercice, on pourra prendre une posture Meta afin d’observer notre « ligne » et d’analyser ensemble quels groupes sociaux, parmi nous, considèrent plus facilement que d’autres qu’ils en savent beaucoup (les hommes / les femmes – les diplômé·es / les non-diplômé·es – etc.).
  • L’enquête conscientisante. Issue du principe de l’enquête ouvrière développée par Marx, il s’agit, au travers d’une discussion basée sur un questionnaire, d’amener la personne à comprendre que les situations vécues individuellement dépendent de conditions structurelles. Attention : il ne s’agit pas d’une démarche de recueil, mais d’interpréter ensemble les données et de rechercher des pistes d’action.
    L’enquêteurice n’est pas extérieur·e au sujet : iel est impliqué·e et s’engage dans un rapport de réciprocité. Au cours de l’entretien, iel va parler autant que la personne qu’iel rencontre : il s’agit d’une réelle discussion, au cours de laquelle les deux interlocuteurices vont apprendre de l’autre. Le questionnaire se construit en 3 parties :
    1- Identifier les problématiques individuelles / sectorielles / locales, à partir de récits et d’anecdotes.
    2- Chercher la cause derrière les faits. Amener de la complexité, forcer le dépassement. « Si ta structure avait plus d’argent, qu’est-ce que cela changerait ? », « S’il y avait plus de flics, qu’est-ce que cela changerait ? »
    3- Dégager des perspectives d’action, dans l’objectif de se redonner du pouvoir d’agir. Et pour cela : Des questions « entonnoirs » (pour réduire le champ auquel on va s’attaquer) + Des questions « imaginaire » (des récits de victoire pour développer son optimisme et son audace) + Des questions « mobilisation » : Quand est-ce qu’on commence ?)
    Lire une présentation détaillée par Paul Masson.

Croiser avec des savoirs critiques

Croire que l’éducation populaire revient à refuser le savoir « savant » est une lourde erreur (qui relève de l’anti-intellectualisme et du populisme). Il s’agit plutôt de les relier avec le vécu et les savoirs expérientiels de chacun·e. Et, comme le disent les gens des SCOP d’éducation populaire, quand savoirs « chauds » et savoirs « froids » se rencontrent, cela ne donne pas des savoirs « tièdes », mais un orage !
Là encore, je renvoie vers la démarche des Universités populaires de parents, et, du côté d’ATD Quart Monde, les co-formations et le croisement des savoirs : film et textes.

Cela dit, questionner la place des expert·es n’est pas un luxe. Notre réflexe à toustes, face à un expert·e, c’est de l’écouter, et, éventuellement de lui poser des questions pour qu’il précise certaines choses. Comme à l’école.
On peut imaginer mettre en place une démarche inverse : sur le sujet du jour, prendre un temps conséquent pour que les participant·es réfléchissent à ce qu’iels savent, et ce qu’iels aimeraient savoir (cela peut se faire selon la méthode de l’escargot présentée plus haut). Cela peut aussi se faire à partir de lectures de textes (ou visionnages de vidéos) de l’expert·e invité·e ou d’autres, sur la base desquels les participant·es définissent quelques questions à poser à l’intervenant·e.

Si on garde la traditionnelle intervention introductive de l’expert·e, on peut imaginer ensuite des formes de débat qui nous permettent d’éviter la longue suite de prises de parole.
Le plus simple est sans doute de prendre un temps de discussion en petit groupe, pour partager ce qu’on a retenu de l’intervention et les questions que cela nous pose. Cela permet à chacun·e de s’exprimer, d’être écouté·e, et de se confronter aux points de vue des autres. Des questions ou contributions peuvent ensuite être mises en partage en grand groupe (en revanche : éviter de faire une « restitution » formelle des discussion, qui risque d’appauvrir les propos et d’être longue et ennuyeuse).

Et si on n’a pas la possibilité de recevoir la personne dont le savoir nous intéresse, on peut réaliser un arpentage d’un de ses écrits pour nourrir notre réflexion.
L’arpentage, dans sa forme originelle (après, comme de n’importe quel outil, on peut en faire autre chose), ne vise pas à faire une lecture collective d’un ouvrage. Du moins, ce n’est pas son objectif : c’est éventuellement un moyen. L’objectif est de s’approprier les idées de l’auteurice pour nourrir notre propre réflexion. En se répartissant les parties du livre, on pourra partager avec le groupe par exemple :
– Un ressenti à la lecture (facile, difficile, on s’autorise à aimer ou détester l’auteurice, etc.)
– Une (et une seule) idée forte qu’on retient (résister à la synthèse scolaire-universitaire)
– Ce que ça interroge ou nourrit dans a vie / pratique (militante, pro, etc. selon le thème du bouquin)
Lire des présentations détaillées proposées par La Trouvaille et par L’Engrenage.

3- IMAGINER D’AUTRES POSSIBLES & ANALYSER LES CONTRADICTIONS

Imaginer d’autres possibles

Le but de nos processus est de transformer nos réalités et les rapports sociaux. Pour cela, encore faut-il être en capacité d’imaginer que les choses puissent être différentes (« Un autre monde est possible » versus « Il n’y a pas d’alternative ») : or ça n’a rien d’une évidence.
La Science-fiction est un art d’imaginer des possibles. Le recueil Bâtir aussi, réalisé par les ateliers de l’Antémonde, est stimulant dans son contenu, et extrêmement enthousiasmant dans le processus de labo-fiction qui a mené à son écriture.

Quelques pistes pour faire cela :

  • Travailler en petits groupes à partir de cas pratiques et concrets. Avec un déroulé en 4 temps (Problème / Idéal / Proposition) :
    – C’est quoi le problème ?
    – Dans l’idéal, qu’aurait-on ?
    – Liste de propositions
    – Mise en œuvre d’une de ces propositions : on fait quoi ?
  • Le théâtre forum est une déclinaison du principe du Théâtre de l’opprimé·e. Une scène est jouée, dans laquelle un personnage subit une situation liée à un rapport de pouvoir et/ou d’oppression. À l’issue de la scène, les participant·es sont invité·es à reprendre le rôle du personnage opprimé·e afin de rechercher des façons de réagir qui permettraient d’aller vers une résolution autre que l’originale. Il s’agit d’expérimenter ensemble des hypothèses, des solutions possibles. L’animateurice tient une place fondamentale pour conduire la réflexion collective le plus loin possible.
    Voir la compagnie NAJE et la Compagnie du Théâtre de l’Opprimé.
  • Faire un exercice de « comme si« , afin de libérer notre imaginaire, notre créativité et notre audace. Partir d’une consigne d’un idéal atteint : « Et si…, que ferait-on ? »
  • Inverser l’exercice de Petite histoire / Grande histoire pour le tourner vers l’avenir (plutôt que vers le passé, comme il est présenté plus haut dans cet article) et en faire un atelier d’imagination politique. Et ce n’est pas si simple, de s’autoriser à penser un futur ! Voir une proposition de déroulé d’atelier sur le site d’Attac France.

Et puis, bien-sûr, le bon vieux brainstorming / tempête d’idées, pour essayer de faire émerger de nouvelles pistes. Pour cela, on peut faire trois étapes :
– Une étape individuelle, où l’on réfléchit à des idées
– Une étape en petits groupes, où on discute, ce qui peut nous amener à de nouvelles idées (sans que le but à ce stade soit de faire synthèse : au contraire, on veut multiplier les idées)
– Une étape de retour en grand groupe, où les idées des un·es et des autres sont présentées.

Conseil pour la restitution : chacun·e son tour (en suivant l’ordre du cercle), et avec un rythme assez soutenu, chacun·e donne une idée. Si on n’en a pas on dit « je passe ». On ne répète pas des idées déjà dites. On fait autant de tours que nécessaires (à la fin on peut directement dire « Reste-t-il des idées ?).

Que faire des post-its ? Ils sont notre cauchemar tellement ils nous sont servis à toutes les sauces… Cependant, ils sont utiles pour poser les choses : pour réfléchir plus que pour partager.
La contrainte est source de créativité : n’hésitez pas à donner des contraintes ! Par exemple : un brainstorming en 4 cases : Qu’est-ce que vous voulez garder ? Qu’est-ce que vous voulez améliorer ? Qu’est-ce que vous voulez inventer ? Qu’est-ce que vous ne voulez pas ou plus ?

Attention à la synthèse !!! Le but est de faire émerger des idées, pas de synthétiser. Notamment, quand on synthétise, on écrase les idées minoritaires… C’est ballot. Donc ne vous sentez pas obligé·e de synthétiser, au contraire : souvenez-vous de votre objectif.

Et attention aussi : un brainstorming ne vise par à prendre une décision, mais à faire émerger des idées. Ces idées, ensuite, il va falloir les analyser dans la complexité de la réalité. Puis mettre en œuvre un processus de décision… Pas de confusion, donc. De plus, à l’étape des idées, et surtout si votre sujet est sensible, polémique ou conflictuel, préservez vos sources : ne divulguez pas qui a dit quoi, si cela peut mettre les personnes en difficulté. Et précisez ce cadre de sécurisation de façon explicite en début d’atelier : sinon les personnes risquent de s’auto-censurer et votre atelier n’aura été qu’une mascarade dont il ne sort que des idées consensuelles.

Débattre et analyser les contradictions

Il n’y a pas de solution simples à des problèmes complexes. Face à une trop grande complexité, il est difficile d’avoir prise et on peut rester pétrifié·es. Certain·es choisissent alors de simplifier les situations, d’en avoir une lecture manichéenne : ce n’est pas ce à quoi nous inviterons ici. On cherchera plutôt à apprivoiser cette complexité, à la prendre en compte de manière à agir en conséquence.
C’est d’ailleurs un des objets de l’éducation populaire : faire des allers-retours entre action et réflexion, justement pour prendre en compte la complexité au fil de ces allers-retours.

Quelques pistes pour faire cela :

  • Plutôt que de débattre uniquement avec des mots, il peut être aidant d’utiliser des déplacements dans l’espace afin d’identifier les tendances et les tensions.
    Par exemple, on peut se positionner selon 2 axes imaginés au sol, par rapport auxquels chaque personne se positionne  :
    – En abscisse : un axe « d’accord / pas d’accord »
    – En ordonnées : un axe « faisable / pas faisable »
    Permet de voir si les blocages portent sur le fond ou la faisabilité, et de voir sur quoi il est nécessaire de continuer de travailler.
  • Pour traiter plusieurs questions en parallèle : prévoir plusieurs tables de débat, avec sur chacune d’elle, une question à débattre (c’est le « Gros débat« ). Les participant·es peuvent aller à la table qui les intéresse, et changer de table quand iels le souhaitent. Une grande feuille posée sur la table permet de garder la trace de ce qui se dit.
  • L’entraînement mental, déjà évoqué plus haut, est une méthode visant à complexifier les problèmes. À partir d’une « situation concrète insatisfaisante » (« Cette fois où… »), et plutôt que de passer comme on le fait souvent directement des problèmes aux solutions, on va passer par 4 étapes :
    1- Les faits : quelle est la situation concrète insatisfaisante ? (formulée en « je » / réalités objectives / avis et ressentis pris en compte comme des faits)
    2- La problématisation : quel est le problème ? Étudier les conséquences, élargir le point de vue. Distinguer les registres éthiques et pragmatiques.
    3- Pourquoi est-ce ainsi ? Aller vers les causes, les explications. Comprendre les causes et les distinguer des conséquences.
    4- Solutions. Distinguer l’urgent de l’important.
    Cette méthode a été développée dans le cadre de l’association Peuple et Culture. Elle est diffusée aujourd’hui par le réseau des Crefad. En lire une présentation sur le site entrainement-mental.info.

4- PRENDRE DES DÉCISIONS COLLECTIVES & PASSER À L’ACTION

Prendre des décisions… Facile à dire

Rien n’est plus compliqué que de prendre des décisions (enfin, c’est mon avis…). Parce que choisir, c’est probablement se tromper, ou au moins, c’est renoncer. Mais il faut bien avancer, et prendre des décisions, notamment quand elles sont difficiles, est bien souvent libérateur.

La question de la décision pose directement celle du pouvoir. L’échelle d’Arnstein permet de se situer parmi 8 niveaux : Manipulation / Éducation / Information / Consultation / Implication / Partenariat / Délégation de pouvoir / Contrôle des citoyen·nes. Chaque niveau (sauf le premier) est légitime, mais il est courant de ne pas être clair·es et honnêtes sur le niveau dans lequel on se trouve, et de qualifier de « démocratie participative » ce qui n’en est pas, entrant alors de fait, volontairement ou non, dans de la démagogie.

Du fait de biais liés aux fonctionnements et dynamiques de groupe, on peut se retrouver à faire collectivement des erreurs qu’on n’aurait probablement pas faite seul·es. À ce sujet, je vous conseille la lecture des passionnants ouvrages de Christian Morel : « Les décisions absurdes » (en 3 tomes).

On peut aussi prendre la meilleure décision imaginable, mais se retrouver devant le constat que personne n’a l’énergie pour la mettre en œuvre.
Pour aller contre ça, on peut par exemple faire un oignon de l’implication. On est toustes en rond. Si on est d’accord avec la proposition, on fait un pas en avant. Et si on compte s’investir pour la mettre en œuvre, on fait un 2ème pas en avant.

Quelques pistes pour décider :

  • Concernant la pratique du vote. Majorité absolue ? Majorité relative ? Majorité qualifiée ? Attention, le vote ne doit arriver qu’après la réflexion, sinon il risque d’être le niveau zéro de la démocratie.
    Par ailleurs, suite à un vote, il faut également réfléchir à la reconnaissance des positions minoritaires, si on en veut pas tomber dans une dictature de la majorité.
  • Ainsi, on peut pratiquer des décisions par consentement. Face à une proposition, les personnes sont invité·es à annoncer leurs points de vigilance, ainsi que leurs points de blocage. On essaiera collectivement de traiter l’ensemble de ces points, pour intégrer les points de vigilance, et lever les points de blocage. Quand une proposition ainsi améliorée émerge, elle est soumise au même processus. Une personne qui émet un point de blocage doit l’assortir d’une meilleure proposition. S’il n’est pas possible de faire une meilleure proposition, alors la décision intervient, tout en actant les désaccords qui se sont maintenus, et qui pourront être repris dans la suite du processus, pour améliorer encore la décision au fil de sa mise en œuvre.
    Pour en savoir plus sur le consentement sociocratique : voir sur sociocratie.net, ou sur le Centre français de sociocratie.
  • Pour avancer vers un consensus sur une décision à prendre, on peut réaliser un débat butiné / en étoile / en pétale. Les participant·es sont réparti·es par table, et chaque table réfléchit en parallèle. Régulièrement, les débats sont arrêté·es, et un·e porte-parole par table vient sur une table centrale, et présente puis débat avec les autres portes-paroles. Tout le monde assiste à ce débat central, mais seul·es les portes-paroles ont la parole. À l’issue d’un temps de débat central, les discussions par table reprennent, prenant en compte ce qui a été dit. Et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on parvienne à construire un consensus.

Une idée pour élire : L’élection sans candidature
Cette méthode est pertinente dans les petits groupes qui ont besoin de déléguer un pouvoir / de donner un mandat, mais ne veulent pas créer une structure pyramidale, veulent que le mandat tourne. Elle permet de renforcer le groupe.
Ne se présentent à une élection que des personnes qui se croient dignes d’être élues. Le processus par candidatures est donc profondément inégalitaire puisque, par sa forme même, il exclue tous celles et ceux qui sont dans une position dominée. Réaliser une élection dans candidature permet de pallier en partie ce problème.
1- Définir collectivement ce qu’il sera attendu des personnes élues.
2- Chacun·e vote pour la personne qu’il souhaite, sur un bulletin de vote dit « bienveillant » qui comporte le nom du votant·e.
3- On dépouille les votes. Chaque votant·e est invité·e à expliquer pourquoi il a voté pour telle ou telle personne. On assiste donc à un tour de table de compliments.
4- On peut procéder à un second tour entre les 2 ou 3 personnes qui ont reçu le plus de suffrages.
5- La personne élue peut refuser le mandat qui lui est donné (auquel cas on passe à la personne en seconde place). Cela dit, le plus souvent les personnes acceptent, car elles ont entendu les raisons qui ont motivé le fait de voter pour elle, et la confiance qui lui ai faite.

Et pour écrire un texte en commun : la méthode des petits papiers.
près un temps de discussion générale, chacun·e prend quelques minutes pour écrire :
– Sur un papier blanc, ce à quoi iel veut que ce texte serve
– Sur des papiers verts (environ 3 par personne), ce qu’iel veut absolument voir figurer dans le texte
– Sur des papiers rouges (idem), ce qu’iel ne veut absolument pas voir figurer dans le texte
De retour en groupe, chacun·e lit son papier blanc et on accroche tout ces éléments au mur, en les regroupant le cas échéant. Idem ensuite avec les papiers verts, puis avec les papiers rouges.
On peut alors écrire collectivement un plan détaillé du texte, qui prenne en considération le plus possible de ces papiers. Il ne restera plus ensuite qu’à rédiger tout cela (ça a l’air simple, dit comme ça !)

Passer à l’action

Revenir vers le réel, pour le transformer, c’est l’étape à ne pas négliger. Et c’est parfois commencer par poser la question vers la fin d’une réunion où l’on a beaucoup parlé : « Et donc, qu’est-ce qu’on fait ? »

CONSTRUIRE LA MOBILISATION

Ressource : Le guide « Faire émerger et animer des actions collectives à visée émancipatrice »ici réalisé par l’Union Rhône-Alpes des Centres Sociaux

Vous pouvez aussi aller voir du côté du community organizing, que je présente largement sur ce site et dans mon bouquin.

On peut réfléchir aux marches de l’engagement : identifier les différentes « marches » qui permettent de s’engager petit à petit. Plus les marches sont grandes (et moins il y en a), plus cela favorise les niveaux culturels élevés. Inventer donc des marches intermédiaires.

On peut aussi aller rechercher des allié·es. Qui sont nos allié·es ? Qui, au contraire, nous est plutôt hostile ?
Dans ces deux catégories, qui a un engagement en ce sens plutôt faible ou fort ?
Ce travail peut se faire à partir de 2 axes (le 1er : alliés / hostiles, le 2è : engagement faible / fort).
Savoir à qui on parle, afin de ne pas dépenser de l’énergie pour rien. Quand on manifeste : à qui on parle ?

9 réflexions sur « Méthodes en vrac »

  1. Merci beaucoup pour cette mine d’or.
    J’ai pratiqué le débat mouvant et maintenant nous allons essayer l’arpentage au sein de Attac Liège. Qui veut améliorer ses pratiques d’éducation populaire et permanente.

    Je viens de trouver ici des explications claires permettant de mieux comprendre et d’affiner la pratique.

    Je reviendrai. Merci

  2. Bonjour,
    c’est quand même curieux pour une personne qui semble se présenter comme une spécialiste de l’éducation populaire de confondre dispositif et méthode… sans rentrer dans les détails une méthode il y en a une dans tout cet écheveau, c’est l’entrainement mental qui est ici bien mal présenté… petite rectification : l’entrainement mental ne propose pas de complexifier mais de faire avec la complexité du réel plutôt que de chercher à l’évacuer…. comme par exemple de se ruer sur des  »débats mouvants » qui nous mettent dans une situation de  »pour » ou de  »contre », une des formes de binarité qui nous raidit la cervelle.
    Vous devriez changer le nom de votre intitulé :  »qu’est-ce que mon éducation populaire ? » serait plus juste et agréable pour les autres, ceux et celles qui ne pensent pas tout à fait comme vous et qui cherche à défaire l’éducation populaire des gadgets.
    Bonne continuation
    Laurence

    1. Je ne sais pas où vous avez vu que je me présentais comme une spécialiste de l’éducation populaire, le terme même me semblant avoir peu de sens.
      Il y a des tartines en intro pour dire que l’éducation populaire ce ne sont pas des outils, et c’est ce que je passe mon temps à répéter : c’est utile en tout cas de le répéter à nouveau car on ne le répétera jamais assez. N’hésitez pas en tout cas à mettre en lien vos propres ressources, ce sera plus constructif que ce type de commentaire.
      Merci pour la précision sur l’entraînement mental : il est évident qu’on ne présente pas parfaitement l’entraînement mental en 10 lignes. Il ne vous a sans doute pas échappé que j’ai mis 3 liens externes pour aller lire des présentations plus charpentées.
      Bonne continuation à vous, vous avez l’air d’en avoir gros sur la patate…

  3. Bien.
    Merci à vous d’avoir publié et répondu, je n’y croyais guère.
    Je relève la façon de faire avec  »’vous avez l’air d’en avoir gros sur la patate » qui consiste à renvoyer une personne qui n’est pas d’accord à un état malheureux, dépressif ou amer, une manière comme une autre de dévaloriser un point de vue et qui permet de ne pas parler du fond.
    Bon. C’est de bonne guerre car je vous ai sûrement blessé en vous  »traitant » de spécialiste.
    Mettons que vous êtes spécialiste de votre spécialisation et je ne vois pas de mal à ça quand on travaille un sujet ou n’êtes-vous pas responsable de ce que vous écrivez ? Est-ce la revendication d’une posture de non-sachant*e qui permet cela ?
    Pour les tartines, je vous laisse juge d’employer ce terme à propos de vos écrits mais j’insiste une dernière fois si l’éducation populaire n’est pas un inventaire de jeux pourquoi en parler ?
    N’y a t il pas une contradiction ?
    Ou dit autrement si on éprouve autant le besoin de dire que ce n’est pas un inventaire de jeux ou d’outils, tout en lançant une play liste derrière, on est en droit de se poser des questions ?
    Bonne continuation toujours,
    Laurence

    1. Il y a en effet une contradiction, et vous faites bien de la relever.

      À nos luttes, à nos victoires, à l’émancipation, à la révolution.
      À toutes celles et ceux qui luttent, et à vous donc.

  4. Pour vous répondre Laurence sur le fait que ces outils seraient des gadgets de plus ajouter à l’arsenal du parfait animateur en éduc pop. Il est très difficile de transformer les raisonnements et les manières de faire des individus sans les mettre dans des situations qui imposera un changement dans leurs comportements. Je trouve que ces outils amènent à la réflexion et à la transformation de nos habitudes, mais en effet ils ne doivent pas être une finalité en soit mais bien amener un changement dans nos manière de faire et donc d’être par extension.

  5. Merci pour votre petit débat avec Laurence qui m’a permis de toujours et encore questionné ma pratique 🙂
    Hauts-les-coeurs tout le monde !
    Et vive l’entraînement mental …

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