Archives par mot-clé : Sexualité

L’écoféminisme – Une intersectionnalité globale et radicale

L’écoféminisme est une remise en cause fondamentale de la manière dont fonctionne notre société (au sens de la société dominante : patriarcale, raciste et capitaliste). Il propose, comme outil de lutte et comme objectif (les moyens de nos luttes sont la préfiguration de nos effets recherchés), de revaloriser notre rapport à la nature.
L’écoféminisme vise l’abolition de la toute-puissance de l’espèce humaine sur ce qui l’entoure, ainsi que de toutes les formes de domination et d’exploitation (intersection classe-race-genre).

L’écoféminisme est né dans les années 1980, dans le cadre des luttes antinucléaires. Les textes écoféministes (lire l’anthologie « Reclaim » aux éditions Cambourakis) ne proposent pas de définition abstraite ou savante du mouvement, certains n’emploient pas le terme. C’est de manière empirique et non a priori que sont connectés dans ces textes les enjeux féministes et écologiques – à travers la redécouverte de l’histoire de la destruction croisée, au cours de la modernité, des femmes et de la nature.

L’écoféminisme n’est certainement pas monolithique, mais je me propose ici de partager ce qu’elle signifie pour moi.

L’écoféminisme me semble être une pensée extrêmement radicale, du fait qu’elle fait le lien entre les multiples et complexes causes et conséquences imbriquées de l’état des chose actuel qu’il s’agit de mettre à bas :
Opposition nature et culture, corps et intellect / Questions sociales et écologiques / Sacré et toute-puissance / Savoirs, cultures, ethnocentrisme / Racisme, colonialisme, impérialisme / Exploitation, maîtrise et capitalisme / Autonomie et émancipation / Religions instituées et sciences / Intersectionnalité et dominations.

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L’injonction sexuelle, nouvelle aliénation

[Spécial St-Valentin]

Ovidie a participé à partir de la fin des années 1990 au mouvement du féminisme pro-sexe, qui invitait les femmes à prendre en main leur propre plaisir, à se libérer de leurs complexes, à ne plus être des objets sexuels, mais des êtres sexuels, actives et autonomes. Considérant suicidaire de laisser la pornographie uniquement aux mains des hommes, elle a participé à créer et proposer une pornographie non-sexiste.

Aujourd’hui, elle fait le bilan et nous livre ce documentaire, dans lequel les témoignages de « native numeric » dessinent une nouvelle aliénation : l’obligation d’être sexuellement libéré-e, qui entraîne des comportements dont l’objectif n’est ni le plaisir ni l’émancipation, mais la conformation à une nouvelle norme sociale. Ce qui constitue incontestablement une forme nouvelle de l’oppression patriarcale.

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Le consentement, aussi simple qu’une tasse de thé

« Si vous avez encore du mal avec le consentement, imaginez juste qu’à la place de débuter une relation sexuelle, vous lui préparez une tasse de thé ».

Une petite vidéo diablement efficace pour expliciter ce que « consentir » veut dire. Car même si c’est une notion compliquée, la culture du viol diffusée en permanence par la publicité, les films, etc., invite les hommes à la mépriser, et les femmes à ne pas s’autoriser à s’écouter (l’ordre d’oppression peut être ponctuellement inversé, mais le patriarcat est aujourd’hui ce qui fait système).

« Vous ne pouvez pas allez chez elle, la forcer à boire du thé, et dire « mais tu voulais bien du thé la semaine dernière ! ». »

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