Archives de catégorie : Texte relayé

D’où vient la souffrance au travail des salairés du XXIè siècle ?

Attac publie un article de la sociologue Danièle Linhart

D’où vient la souffrance au travail des salariés du XXIè siècle ?
Ruptures et continuités entre management moderne et logique taylorienne

La modernisation managériale se prétend en rupture radicale avec la logique taylorienne. Elle prétend faire place à l’autonomie, la liberté d’initiative, la responsabilité, des salariés et promouvoir des modes de mises au travail en phase avec l’évolution de la société. Celle-ci est de plus en plus individualisée et les politiques à l’œuvre dans les entreprises affichent l’importance accordée désormais aux qualités personnelles de chaque salarié : son adaptabilité, sa créativité, son goût du risque…

Mais à y regarder de plus près, certains fondements du taylorisme restent omniprésents, bien que masqués derrière les formes hyper modernes de personnalisation, psychologisation de la mise au travail. Malgré « l’humanisation » revendiquée, la subordination impose toujours sa loi selon les bonnes vieilles recettes tayloriennes. Pour parvenir à gérer ces contradictions, les directions s’emploient à renouveler en permanence les moyens d’arracher le consentement de leurs salariés.

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La mécanique raciste – Pierre Tévanian

Je reproduis ici 5 extraits que Pierre Tevanian nous transmet, issus de son livre « La mécanique raciste », paru aux éditions La Découverte. Il a publié ces extraits sur l’excellent site Les mots sont importants.

  • 1- En finir avec l’antiracisme d’État
  • 2- Peur de l’inconnu, peur de l’autre, peur de la différence
  • 3- De l’existence des races
  • 4- Limites et mérites de la tolérance
  • 5- Logique de la haine

A l’heure où une grotesque et offensante campagne de SOS Racisme appelle à s’unir « contre la haine » – et pas contre le mépris et la discrimination – au motif spécieux que « Mon pote et moi on est pareils » , tandis que l’appareil d’État poursuit une politique intensive de rafles de roms et de sans-papiers, d’arrestations et d’expulsions de lycéens, de chasses aux voilées, à l’heure où des injures négrophobes et islamophobes sont proférées par une ministre socialiste, à l’heure où la promesse des récépissés contre le contrôle au faciès a été jetée à la poubelle, tandis que le ministère de l’Intérieur conteste l’existence même des contrôles au faciès, et fait appel contre une condamnation judiciaire de contrôles discriminatoires avérés, un retour critique nous a paru nécessaire sur ce que nous appelons l’antiracisme d’État. Nous republions donc une série de réflexions extraites de La mécanique raciste, sur ledit antiracisme d’État et ses principaux fondements.

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Macron – Le Pen : seule la lutte paie !

Le Pen et Macron sont au second tour. Que faire ?

Ces deux candidats ne nous promettent que des régressions sociales. Pour empêcher ces régressions, qui font le terreau de l’extrême-droite, seule la lutte paie : ce n’est que par nos mobilisations au quotidien et au long cours que nous pouvons faire bouger les choses.

Si le libéralisme est le terreau du fascisme, il n’est cependant pas possible de mettre les deux sur le même plan. Si aucune voix ne doit aller au FN, l’idée de voter Macron pour faire « barrage au FN » est insupportable à beaucoup. S’abstenir, c’est garder ses mains propres et faire (peut-être) baisser la légitimité de Macron une fois élu, mais c’est aussi se reposer sur les votes des autres et faire confiance aux sondages… Si je me demande si s’abstenir n’est pas un privilège de Blancs classe-moyenne, la seule chose dont je suis sûre c’est qu’il faut nous investir dans les luttes pour transformer la société. Car il va nous falloir lutter. Or, dans cette lutte, Le Pen sera quand même une adversaire encore pire que Macron. Je ne suis pas sûre qu’avoir le sentiment d’avoir « les mains propres » nous sera d’une quelconque aide pour mener cette lutte (peut-être même, au contraire, que le sentiment d’avoir « bien fait » en s’abstenant pourrait en pousser certain-es à trouver leur engagement suffisant ?). J’aimerais être sûre que les votant-es feront barrage au FN, et que moi je pourrai garder les mains propres : mais accepterai-je que ce soient les sondages qui décident de ce que je ferai le 7 mai prochain ?

Je répertorie ci-dessous des communiqués d’organisations syndicales et militantes. Toutes insistent le plus souvent sur le fait que la réelle perspective est celle de la lutte et des mobilisations.
Les organisations syndicales insistent sur le mot d’ordre « Pas une voix au FN » car cela n’est, on le sait, parfois pas évident pour les salarié-es ni même pour leurs adhérent-es, et que c’est en effet la priorité (CGT, Solidaires, FSU, Sud PTT) (voir le vote analysé par préférence syndicale, très intéressant : ici)
Les organisations politiques et militantes laissent chacun-e se débrouiller avec le dilemme, car leurs sympathisant-es et adhérent-es sont déjà convaincus de ne pas voter FN (Alternative Libertaire, NPA, La Horde, Groupe Salvador-Segui).

Bon dilemme à tou-tes (entre Macron et abstention), et surtout rendez-vous le 1er mai dans la rue. La rue et les mobilisations où, là, nous devons nous engager sans hésiter.

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Paulo Freire et l’éducation populaire

En 2017, cela fait 20 ans que Paulo Freire s’en est allé. Lors des 10 ans de sa mort, Alfonso Torres Carillo écrivait cet excellent article, publié dans la revue EAD – Education des Adultes et Développement.

L’éducation populaire et Paulo Freire sont indissociables. Alfonso Torres Carillo commence par rappeler succinctement le contexte historique et le parcours de Freire, avant de présenter plus longuement les piliers de sa pensée sur lesquels, à son avis, l’éducation populaire repose. Pour terminer, il développe certaines idées autour de l’actualité de ce courant pédagogique, notamment la conviction qui est encore la nôtre que l’éducation permet de créer et de construire «d’autres mondes possibles». Cet article a été rédigé sur la base de textes écrits par Freire ou à son sujet, ainsi que sur ses propres expériences et réflexions en tant qu’éducateur populaire.

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Spécifisme et dualisme organisationnel chez les anarchistes

Je reproduis ici un interview de la Fédération anarchiste de Rio de Janeiro (FARJ), réalisé en 2010 par Jonathan Payn, et traduite en 2012 par Eric Vilain. Il a été publié initialement sur monde-nouveau.net et sur le site de la FARJ. Pour ma part, je l’ai découvert grâce au blog tenu par des camarades : Caminando las luchas (auquel j’emprunte aussi la partie droite de l’image en tête de cet article).

Il y est question du spécifisme (especifismo), du dualisme organisationnel, du rapport entre travail social et insertion sociale, du rôle de l’organisation politique anarchiste par rapport aux mouvements sociaux et à la lutte de classe. Et c’est passionnant

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11 conseils pour être un-e bon-ne allié-e

Je reproduis ici un excellent article écrit par trois membres de l’association Lallab et publié sur leur site. Lallab est un magazine en ligne et une association dont le but est de faire entendre les voix des femmes musulmanes qui sont au cœur d’oppressions racistes et sexistes.


« Quand on présente l’association Lallab, c’est «drôle» mais on ne reçoit pas du tout les mêmes retours ! «On» c’est Sarah, musulmane et Justine, athée, toutes deux cofondatrices de Lallab, réalisatrices de la série documentaire Women SenseTour in Muslim Countries et féministes !
C’est simple, lorsque c’est Justine qui présente l’association on lui dit généralement que «c’est génial ce qu’elle fait», que c’est même «très altruiste de sa part d’aider les femmes musulmanes». Alors que lorsque c’est Sarah on lui rétorque plutôt que «c’est quand même un projet super communautaire, qu’il faudrait aussi parler des discriminations vécues par d’autres femmes». Certain.e.s rajoutent même qu’elle est «trop concernée par le sujet, trop passionnée et qu’elle n’a pas le recul nécessaire pour être très objective». Clairement, dans notre société, la parole d’une femme blanche et athée a plus de poids que celle d’une femme musulmane, même pour parler de son propre vécu.

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Comment déconstruire le complotisme par la pédagogie

Je reproduis ici un article publié par Thomas Vescosi sur le site de l’UJFP, Union Juive Française pour la Paix.

Professeur d’histoire-géographie dans un lycée public de Seine-Saint-Denis, Thomas Vescovi a constaté chez ses élèves une véritable méconnaissance des questions politiques. Des lacunes qui ouvrent généralement un boulevard à toutes les théories conspirationnistes, leur permettant de trouver des solutions simples à la complexité du monde.
Sans jugement de valeur ou prédication rééducatrice, il a décidé d’aborder ces questions frontalement avec ses élèves. Avec un double objectif : démêler de la croyance cultuelle toute forme d’instrumentalisation politique, et politiser les croyances complotistes pour mieux les appréhender.
L’auteur nous explique les raisons de sa démarche pédagogique en trois étapes.

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Brecht – Nos défaites ne prouvent rien

Nos défaites ne prouvent rien

Quand ceux qui luttent contre l’injustice
Montrent leurs visages meurtris
Grande est l’impatience de ceux
Qui vivent en sécurité.

De quoi vous plaignez-vous ? demandent-ils
Vous avez lutté contre l’injustice !
C’est elle qui a eu le dessus,
Alors taisez-vous

Qui lutte doit savoir perdre !
Qui cherche querelle s’expose au danger !
Qui professe la violence
N’a pas le droit d’accuser la violence !

Ah ! Mes amis
Vous qui êtes à l’abri
Pourquoi cette hostilité ? Sommes-nous
Vos ennemis, nous qui sommes les ennemis de l’injustice ?

Quand ceux qui luttent contre l’injustice sont vaincus
L’injustice passera-t-elle pour justice ?
Nos défaites, voyez-vous,
Ne prouvent rien, sinon
Que nous sommes trop peu nombreux
À lutter contre l’infamie,
Et nous attendons de ceux qui regardent
Qu’ils éprouvent au moins quelque honte.

Bertold Brecht
(1898-1956)