Archives par mot-clé : Démocratie

De la démocratie dans un régime de critique démocratique

Quand des mouvements qui se disent « ni droite ni gauche » critiquent la démocratie : quelles sont les conséquences de la confusion et du flou de leurs valeurs ? Pour quel modèle de société luttent-ils ? Quand la seule utopie semble être une « nouvelle constituante » ou la mise en place du tirage au sort, et qu’au nom de cela sont passées sous silence voire méprisées la lutte, les rapports de classes et de domination, la saisie des moyens de production, la grève et le droit de grève, la manifestation et le droit de manifestation. Quand in fine tirer au sort est plus important que voter contre Le Pen…

Je relaie ici un article de Antonin Grégoire & Nadia Meziane, publié le 6 août 2018 sur le site Lignes de crêtes.

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Nous ne revendiquons rien

Je reproduis ici un texte de Johann Kaspar, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par les éditions Senonevero.

La brochure est disponible en téléchargement ici.

Dans ce texte, Johann Kaspar nous propose une vision de ce que signifient les revendications : elles justifient la lutte en même temps qu’elles en préfigurent la fin, puisque la lutte est censée cesser quand les revendications sont satisfaites. À l’inverse, les luttes sans revendications, souvent insurrectionnelles et enragées, et qualifiées avec mépris d' »émeutes », s’élèvent contre le « tort en soi » qui est subi, et qu’une simple réforme ne saurait suffire à réparer. Les luttes sans revendications refusent de respecter les « règles du jeu », de prendre les formes « convenues » du conflit social, celles qui présupposent qu’il est néfaste de détruire des biens matériels, et qu’il faut faire des demandes précises pour pouvoir avancer. Si elles semblent , dans leur forme, en contradiction avec leur objectif (puisqu’elles ne présentent pas de revendication qui pourrait être satisfaite, elles sont qualifiées de « suicidaires »), peut-être qu’au contraire plus cohérentes que les luttes réformistes, puisqu’elles assument que la réelle opposition ne saurait se résoudre grâce à un simple pansement. Cependant, on ne peut éluder la question de leur efficacité, puisqu’elles restent généralement soit le fait de groupes ultra-minoritaires, soit des moments insurrectionnels très limités dans le temps et ne construisant pas d’organisation durable pour la lutte.
C’est donc sans aucun doute dans un aller-retour perpétuel et une complémentarité que luttes avec et sans revendications doivent lutter ensemble, et faire vivre les tensions qui les opposent, pour aller vers une nécessaire transformation sociale radicale de la société.

 

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Un guide pour le lobbying anti-Trump

D’ancien-nes attaché-es parlementaires étatsunien-nes ont sorti en janvier 2017 un guide nommé :

« Indivisibles : un guide pratique pour résister au programme de Trump »

Ayant eux-mêmes constaté les effets du lobbying réalisé par le Tea Party, et la façon dont celui-ci a réussi à empêché l’administration Obama a réaliser un certain nombre de réformes, ces ancien-nes attaché-es parlementaires partagent les principes et méthodes auxquelles ils ont été confronté-es, afin qu’ils puissent être cette fois être utilisés contre l’administration de Donald Trump. Un guide pragmatique pour un lobbying efficace. Pas banal.

J’en reproduis ici des extraits en français, non pas pour reconstituer la méthode, mais pour souligner les points qui m’ont marquée. En effet, on y voit à quel point le combat est avant tout organisationnel, et non pas politique.

Ce guide et un grand nombre d’autres ressources sont consultables sur le site https://www.indivisibleguide.com

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Macron – Le Pen : seule la lutte paie !

Le Pen et Macron sont au second tour. Que faire ?

Ces deux candidats ne nous promettent que des régressions sociales. Pour empêcher ces régressions, qui font le terreau de l’extrême-droite, seule la lutte paie : ce n’est que par nos mobilisations au quotidien et au long cours que nous pouvons faire bouger les choses.

Si le libéralisme est le terreau du fascisme, il n’est cependant pas possible de mettre les deux sur le même plan. Si aucune voix ne doit aller au FN, l’idée de voter Macron pour faire « barrage au FN » est insupportable à beaucoup. S’abstenir, c’est garder ses mains propres et faire (peut-être) baisser la légitimité de Macron une fois élu, mais c’est aussi se reposer sur les votes des autres et faire confiance aux sondages… Si je me demande si s’abstenir n’est pas un privilège de Blancs classe-moyenne, la seule chose dont je suis sûre c’est qu’il faut nous investir dans les luttes pour transformer la société. Car il va nous falloir lutter. Or, dans cette lutte, Le Pen sera quand même une adversaire encore pire que Macron. Je ne suis pas sûre qu’avoir le sentiment d’avoir « les mains propres » nous sera d’une quelconque aide pour mener cette lutte (peut-être même, au contraire, que le sentiment d’avoir « bien fait » en s’abstenant pourrait en pousser certain-es à trouver leur engagement suffisant ?). J’aimerais être sûre que les votant-es feront barrage au FN, et que moi je pourrai garder les mains propres : mais accepterai-je que ce soient les sondages qui décident de ce que je ferai le 7 mai prochain ?

Je répertorie ci-dessous des communiqués d’organisations syndicales et militantes. Toutes insistent le plus souvent sur le fait que la réelle perspective est celle de la lutte et des mobilisations.
Les organisations syndicales insistent sur le mot d’ordre « Pas une voix au FN » car cela n’est, on le sait, parfois pas évident pour les salarié-es ni même pour leurs adhérent-es, et que c’est en effet la priorité (CGT, Solidaires, FSU, Sud PTT) (voir le vote analysé par préférence syndicale, très intéressant : ici)
Les organisations politiques et militantes laissent chacun-e se débrouiller avec le dilemme, car leurs sympathisant-es et adhérent-es sont déjà convaincus de ne pas voter FN (Alternative Libertaire, NPA, La Horde, Groupe Salvador-Segui).

Bon dilemme à tou-tes (entre Macron et abstention), et surtout rendez-vous le 1er mai dans la rue. La rue et les mobilisations où, là, nous devons nous engager sans hésiter.

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Paulo Freire et l’éducation populaire

En 2017, cela fait 20 ans que Paulo Freire s’en est allé. Lors des 10 ans de sa mort, Alfonso Torres Carillo écrivait cet excellent article, publié dans la revue EAD – Education des Adultes et Développement.

L’éducation populaire et Paulo Freire sont indissociables. Alfonso Torres Carillo commence par rappeler succinctement le contexte historique et le parcours de Freire, avant de présenter plus longuement les piliers de sa pensée sur lesquels, à son avis, l’éducation populaire repose. Pour terminer, il développe certaines idées autour de l’actualité de ce courant pédagogique, notamment la conviction qui est encore la nôtre que l’éducation permet de créer et de construire «d’autres mondes possibles». Cet article a été rédigé sur la base de textes écrits par Freire ou à son sujet, ainsi que sur ses propres expériences et réflexions en tant qu’éducateur populaire.

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Démocratie locale à Saillans

Je reproduis ici un article que j’ai écrit et qui est paru initialement dans le numéro de mars 2017 du mensuel d’Alternative Libertaire (ici).
Cet article était accompagné d’un autre, dans lequel je présentais quelques mouvements citoyens et leurs principes, ainsi que quelques électorales citoyennes pour les prochaines élections. À lire ici.

Sailllans est un village qui, depuis les municipales de mars 2014, tente de fonctionner au quotidien selon des principes autogestionnaires. Une expérience qui devient un exemple…

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Mouvements citoyens & initiatives électorales citoyennes

Je reproduis ici un article que j’ai écrit et qui est paru initialement dans le numéro de mars 2017 du mensuel d’Alternative Libertaire (ici).
Cet article était accompagné d’un autre, présentant une expérience concrète d’expérience « citoyenniste » de « démocratie radicale » au niveau local : celle du village de Saillans, dans la Drôme, qui tente de fonctionner selon des principes autogestionnaires depuis les Municipales de mars 2014. À lire ici.

Il s’agissait d’examiner quelques mouvements citoyens, et notamment des initiatives que l’on va voir à l’œuvre au cours de prochains processus électoraux en France. Ces expériences de « démocratie radicale » peuvent-elles renverser ou même subvertir le système ?

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Populisme, le grand ressentiment – Eric Fassin

Alors que, dans cette élection présidentielle, on assiste à un concours de personnalités pariant sur leur charisme personnel parfois plus que sur leur programme, Eric Fassin publie aux éditions Textuel « Populisme, le grand ressentiment ».

Un livre qui vient nous interroger sur les mécanismes mis en œuvre pour mobiliser « les masses ».

Les quelques extraits ci-dessous, nécessairement sortis de leur contexte, sont issus d’un interview de l’auteur dans l’émission radiophonique La suite dans les idées.

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Nuit debout – La forme, le fond et leurs paradoxes

Je reproduis ici un extrait d’un texte écrit par un participant actif à Nuit Debout (qui se trouve être professeur de philosophie), écrit pour la revue Les temps modernes, et dont cet extrait est proposé par BiblioObs.

Un récit intéressant, parce qu’il se penche sur la façon dont les Nuitdeboutistes ont recherché à mettre en place des processus démocratiques garantissant tout à la fois la liberté de parole et l’égalité des participant-es. Et sur la façon dont cette recherche de processus a finalement eu un effet contre-productif sur la production de contenus, et a sans doute contribué à l’épuisement des débats, de leur dynamique, et de celle des participant-es.

Un récit qui souligne également la façon dont le mouvement a souhaité réinventer beaucoup de choses, rejetant parfois avec véhémence des expériences issues du mouvement social ou d’ailleurs, pour des raisons louables mais avec des résultats parfois contre-productifs. C’est ce qu’on peut qualifier de « syndrome Pont de la rivière Kwaï » : oublier pourquoi on fait les choses, transformer un aspect en objectif supérieur, au détriment du projet initial.

Le numéro de la revue Les temps modernes dont est issu ce texte porte tout entier sur Nuit debout, et rassemble des textes d’étudiant-es ou de militant-es, qui racontent de l’intérieur Nuit debout, les manifestations contre la loi Travail et les cortèges de tête. Je ne l’ai pas lu et ne peux donc pas en faire le commentaire, mais je vais certainement le lire…

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