Archives par mot-clé : Culture

Murray Bookchin : Communalisme et municipalisme libertaires

Je reproduis ici un article de Paul Boino qui décrypte les idées de Murray Bookchin et les analyse à l’aune des idées communistes libertaires. Un article publié en 2001 sur le site https://libertaire.pagesperso-orange.fr et qui n’a rien perdu de sa pertinence.

Murray Bookchin : Communalisme et municipalisme libertaires

En pour, en contre, le municipalisme libertaire ne laisse pas indifférent…

Dangereuse déviation réformiste pour les uns, re-formulation pertinente et nécessaire de la praxis antiautoritaire pour les autres, la proposition formulée il y a maintenant plus de vingt ans par Murray Bookchin (voir AL 230) a provoqué et provoque encore des réactions extrêmement contrastées au sein du mouvement libertaire. Les prises de position radicale, assenées à grands coups d’arguments péremptoires, conçus moins pour convaincre ou débattre, que pour dénigrer ou exalter, pour glorifier ou flétrir, se sont succédé et agitent encore, de temps à autres, le landerneau anarchiste.

À regarder ainsi s’affronter tenants et adversaires du municipalisme, un candide pourrait croire qu’il s’agit d’un enjeu de toute première importance.

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Il faut jouer pour apprendre, et non pas apprendre pour jouer »

Discussion avec Bernard Lubat, filmée par Les mutins de pangée à L’Estaminet à Uzeste.

J’ai fait plusieurs stages avec Bernard Lubat à Uzeste. À chaque fois que je l’entends, ça me remet les idées à l’endroit, enfin à l’envers, enfin voilà quoi. Sa façon de parler de la musique dans cet entretien parle pour moi de démarches d’éducation populaire.

Quelques extraits relevés à la levée :

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Césars : «Désormais on se lève et on se barre», par Virginie Despentes

Parce que je n’ai surtout pas envie de perdre la trace de cette tribune de Virgine Despentes publiée le 1er mars 2020 sur le site de Libération suite à la cérémonie des Césars, je la reproduis ici. Bravo et Merci à elle, à Adèle Haenel, à toutes celles et tous ceux qui se lèvent et refusent de se taire.

Que ça soit à l’Assemblée nationale ou dans la culture, vous, les puissants, vous exigez le respect entier et constant. Ça vaut pour le viol, les exactions de votre police, les césars, votre réforme des retraites. En prime, il vous faut le silence de victimes.

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Qu’est-ce que « les droits culturels » ?

Les droits culturels constituent une vision de la Culture fondée sur les notions de droit créance, de diversité et d’identité. Pour ses promoteurs qui cherchent à faire reconnaître cette notion comme « droit fondamental », il visent à garantir à chacun la liberté de vivre son identité culturelle, comprise comme « l’ensemble des références culturelles par lesquelles une personne, seule ou en commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité » (Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, 2007).

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Carole Thibault à Avignon : pleurer de rage face à la domination masculine

Au Festival d’Avignon cette année, Carole Thibault, directrice du Centre national dramatique de Montluçon, a refusé le Molière qui lui était remis. Par son discours, elle m’a faite pleurer moi aussi de rage, comme une conne : « J’en ai marre d’être la bouffonne au service de la domination masculine ». Merci.
Voir la vidéo, et lire des extraits retranscrits.

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L’écoféminisme – Une intersectionnalité globale et radicale

L’écoféminisme est une remise en cause fondamentale de la manière dont fonctionne notre société (au sens de la société dominante : patriarcale, blanche et capitaliste). Il propose, comme outil de lutte et comme objectif (les moyens de nos luttes sont la préfiguration de nos effets recherchés), de revaloriser notre rapport à la nature.
L’écoféminisme vise l’abolition de la toute-puissance de l’espèce humaine sur ce qui l’entoure, ainsi que de toutes les formes de domination et d’exploitation (intersection classe-race-genre).

L’écoféminisme est né dans les années 1980, dans le cadre des luttes antinucléaires. Les textes écoféministes (lire l’anthologie « Reclaim » aux éditions Cambourakis) ne proposent pas de définition abstraite ou savante du mouvement, certains n’emploient pas le terme. C’est de manière empirique et non a priori que sont connectés dans ces textes les enjeux féministes et écologiques – à travers la redécouverte de l’histoire de la destruction croisée, au cours de la modernité, des femmes et de la nature.

L’écoféminisme n’est certainement pas monolithique, mais je me propose ici de partager ce qu’elle signifie pour moi.

L’écoféminisme me semble être une pensée extrêmement radicale, du fait qu’elle fait le lien entre les multiples et complexes causes et conséquences imbriquées de l’état des chose actuel qu’il s’agit de mettre à bas :
Opposition nature et culture, corps et intellect / Questions sociales et écologiques / Sacré et toute-puissance / Savoirs, cultures, ethnocentrisme / Racisme, colonialisme, impérialisme / Exploitation, maîtrise et capitalisme / Autonomie et émancipation / Religions instituées et sciences / Intersectionnalité et dominations.

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La tolérance religieuse aux États-Unis

Dans l’émission La fabrique de l’histoire, Denis Lacorne est venu parler des « frontières de la tolérance », le titre de son livre publié chez Gallimard. Il nous parle notamment de la tolérance religieuse aux États-Unis.

Les extraits ci-dessous sont nécessairement sortis de leur contexte.

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Paulo Freire et l’éducation populaire

En 2017, cela fait 20 ans que Paulo Freire s’en est allé. Lors des 10 ans de sa mort, Alfonso Torres Carillo écrivait cet excellent article, publié dans la revue EAD – Education des Adultes et Développement.

L’éducation populaire et Paulo Freire sont indissociables. Alfonso Torres Carillo commence par rappeler succinctement le contexte historique et le parcours de Freire, avant de présenter plus longuement les piliers de sa pensée sur lesquels, à son avis, l’éducation populaire repose. Pour terminer, il développe certaines idées autour de l’actualité de ce courant pédagogique, notamment la conviction qui est encore la nôtre que l’éducation permet de créer et de construire «d’autres mondes possibles». Cet article a été rédigé sur la base de textes écrits par Freire ou à son sujet, ainsi que sur ses propres expériences et réflexions en tant qu’éducateur populaire.

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