Archives par mot-clé : Culture

Micropolitiques des groupes

Micropolitiques des groupes : pour une écologie des pratiques collectives. De David Vercauteren, aux éditions Amsterdam. Depuis le temps que je voulais le lire, ce livre… D’abord publié en 2007 chez HB éditions, réédité en 2011 aux Prairies ordinaires, et à nouveau épuisé, il a réédité en 2021 par les éditions Amsterdam. Alors ça y est, je l’ai lu, et je n’ai pas été déçue ! J’y ai trouvé plein de choses qui résonnent et inspirent, qui vont me servir conceptuellement et en pratique. J’y ai reconnu la façon d’appréhender les problèmes (de « problémer ») qui est celle qu’on pratique dans l’entraînement mental, pour penser et agir dans la complexité.

Les thèmes abordés sont les suivants :
Artifices / Assembler / Autodissolution / Décider / Détours / Évaluer / Événement / Fantômes / Micropolitiques / Parler / Pouvoir / Problémer / Programmer / Puissance / Réunion / Rôles / Scission / Silence / Souci de soi / Subsides (subventions) / Effet de théorie.

Je note ci-dessous des extraits, nécessairement sortis de leur contexte. Et, surtout, je vous invite à vous procurer et à lire ce livre.

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Syndicalisme de classe & action collective émancipatrice en Union locale

Le syndicalisme-révolutionnaire est le courant fondateur de la CGT, qui s’est créée en 1902 par la fusion entre la Fédération nationale des syndicats et la Fédération des Bourses du travail (dont le secrétaire général était l’anarchiste Fernand Pelloutier). Ce regroupement a entraîné la double structuration syndicale telle qu’elle existe encore aujourd’hui, croisant une structuration en unions locales et départementales, parallèle à une structuration par industries (ou par entreprise). La Charte d’Amiens quant à elle a été adoptée en 1906 par le 9e congrès de la CGT, sous l’influence de ces courants syndicalistes-révolutionnaires. Elle définit le principe
d’autonomie du syndicalisme ainsi que celui de la double-besogne.

Les Bourses du travail de Fernand Pelloutier étaient le cadre de pratiques militant-es d’éducation populaire ambitieuses et dynamiques. Aujourd’hui, les syndicalistes-révolutionnaires continuent de défendre et de mettre en œuvre ces pratiques, notamment dans le cadre des Unions locales et départementales, qui sont les héritières des Bourses du travail.

Les CSR, Comités Syndicalistes Révolutionnaires, regroupent des militant-es syndicalistes révolutionnaires. Leurs textes permettent de mieux comprendre ce qu’est le syndicalisme révolutionnaire. La brochure « Construire et animer une Union locale », réalisée en 2010 par des militant-es des CSR, est extrêmement intéressante à ce sujet, et permet de voir le lien direct et fondamental qui existe entre les pratiques et philosophies du syndicalisme-révolutionnaire et de l’éducation populaire. Cette brochure vise à défendre une conception de l’Union locale (UL) comme un cadre de pratiques collectives interprofessionnelles de lutte et d’éducation populaire. Ces pratiques ont également beaucoup en commun avec les principes qui sous-tendent les principes du community-organizing étatsunien. Le côté « éducation populaire » se retrouve surtout dans la fin de la brochure, mais l’ensemble de celle-ci invite à adopter des postures militantes qui sont celles de l’éducation populaire : lutter contre la séparation entre celleux qui pensent, celleux qui font, celleux qui décident, c’est-à-dire lutter contre notre tendance à reproduire la division sociale du travail et la délégation de pouvoir, socles des logiques capitalistes et bourgeoises, afin de construire ensemble, dès aujourd’hui dans nos pratiques et donc avant tout dans nos organisations, notre émancipation. Les CSR se présentent en fin de brochure (à retrouver à la fin du présent article).

Les extraits que je propose ci-dessous sont une sélection des contenus qui m’ont particulièrement intéressés (et il y en a beaucoup). Ces extraits sont nécessairement sortis de leur contexte : si certains points ci-dessous vous intéressent ou vous interrogent, je vous invite à vous référer au texte complet.
Les sous-titres et les mises en exergue (en italique et en gros) sont de mon fait, et proposent une grille de lecture qui se veut complémentaire à la titraille d’origine (en gras et en gros).

La brochure peut être demandée en écrivant à syndicalistes@gmail.com. A priori elle n’est plus disponible sur le site des CSR, mais peut-être le sera-t-elle bientôt à nouveau, et dans tous les cas il y a de nombreux textes très intéressants à y découvrir pour nourrir nos pratiques et réflexions.

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La lutte des Young Lords contre l’intériorisation de la « mentalité colonisée »

Dans le livre « Young Lords – L’histoire des Black Panthers latinos (1969-1976) » (éditions L’échappée, 2017, 254 pages, 19€), Claire Richard nous fait découvrir, grâce à des extraits d’entretiens qu’elle a réalisés et de publications de l’époque, l’histoire et la lutte méconnue des Young Lords. Ces jeunes militant-es, enfants étatsunien-nes de l’immigration portoricaine, ont mené au début des années 1970 une lutte pour l’émancipation et contre le capitalisme en commençant par ramasser les poubelles dans El barrio, quartier portoricain de New-York, puis en développant la santé communautaire. Le livre donne une image très concrète de leur action militante, et notamment de leur conviction de la nécessité de « faire la révolution dans la révolution », c’est-à-dire de traquer en soi (individuellement et collectivement) les structures de la domination.

Je reproduis ici quelques extraits traitant en particulier de la construction d’une fierté collective (celle qui nous rend capable de rêver à un changement, et de lutter pour le faire advenir), ainsi que de la lutte contre la « mentalité colonisée » (intériorisation de l’infériorité).

Un livre à lire…

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Droits culturels et émancipation

Dans cet entretien, Patrice Meyer-Bisch donne un aperçu très éclairant de ce que sont les droits culturels, et de ce que cette notion apporte de fondamental pour penser la démocratie, l’émancipation, et bien-sûr la culture. Sous la vidéo de cet entretien, ci-dessous, je mets en exergue les éléments qui m’ont le plus marquée.

Patrice Meyer-Bisch est philosophe, président de l’Observatoire de la Diversité et des Droits Culturels et coordinateur de la Chaire UNESCO Droits Humains et Démocratie au sein de l’Université de Fribourg.
Retrouvez également cet article : « Qu’est-ce que les droits culturels ? »

Cet entretien a été réalisé dans le cadre de la Rencontre professionnelle sur la Participation culturelle organisée par l’association Images en bibliothèques (à retrouver ici, tandis que là j’en ai reproduit l’introduction).

Il a été réalisé par les étudiant-es du Master 2 Médiation et création artistique de Paris III.

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La participation culturelle

Le 8 décembre 2020, en ligne, Images en bibliothèque organisait une Rencontre professionnelle sur la participation culturelle. Il s’agissait de réfléchir à comment dépasser l’ambition de démocratisation culturelle, qui consiste à « rendre accessible au plus grand nombre
les œuvres capitales de l’humanité » (selon les mots d’André Malraux lors de la création du ministère de la Culture en 1959), pour construire la possibilité que le public ne soit plus simplement les spectateurs ou les simples destinataires des œuvres.

Retrouvez :

  • Tous les contenus de cette rencontre sur le site d’Images en bibliothèques, avec un grand nombre d’interventions passionnantes en vidéos.
  • Ci-dessous, la vidéo d’ouverture, par Jean-Yves de Lépinay, Président d’Images en Bibliothèques, sous laquelle j’ai noté les éléments qui m’ont le plus intéressée.
  • Ici, des vidéos de Patrice Meyer Bisch parlant de la notion de droits culturels et de ses conséquences, au cours de cette même rencontre.

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L’éducation populaire et l’urgence du combat démocratique

Décembre 2020. Alors que le contexte politique et social est particulièrement délétère, la Fédération des Centres sociaux et Socioculturels de France s’associe à des acteurs de l’éducation populaire, des organisations de la société civile et des chercheur.euse.s pour interpeller pouvoirs publics, associations, médias et grand public sur l’urgence et la nécessité de mener un combat démocratique.

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Sur les vidéos complotistes

Ci-dessous, différentes ressources pour nous aider à prendre conscience, à identifier et à déconstruire les thèses et notamment les vidéos complotistes. À faire tourner !

Car face aux théories du complot, il y a plusieurs choses qui sont importantes :

  • Contredire les contre-vérités avec des faits vérifiés. Mais cela ne suffit pas (du tout), puisque le principe même d’une théorie du complot consiste précisément à dire que les faits que vous allez présenter sont faux et manipulés : vous êtes manipulé-es, vous êtes la preuve même que le complot existe, et vous en êtes victime !
  • Déconstruire la mécanique de la pensée du complot : c’est à cela que peut servir les vidéos ci-dessous. Tâcher de montrer que le processus est manipulatoire, et que la vidéo utilise des procédés qui visent (et parviennent) à altérer notre jugement, à orienter notre réflexion, à mettre à mal notre esprit critique et notre capacité de discernement.
  • Sur un temps plus long : développer les espaces de débat, de réflexion, d’élaboration collective. Les espaces d’auto-éducation populaire, en fait… Car ces théories du complot surfent sur une revendication de reprendre la main sur des questions qu’il semble qu’on n’a pas le droit de poser : si on n’a pas le droit de parler de ça, c’est qu’il doit y avoir un complot. Dans une société démocratique, nous devrions être en capacité toutes et tous de réfléchir ensemble sur toutes les questions que nous nous posons. C’est en aillant ces réflexions, par notre réflexion et grâce à celle des autres, qu’on s’entraînera à exercer notre esprit critique et notre capacité de discernement. On n’interdit pas une idée, or certain-es le font. Dans une société de moins en moins démocratique, comme la nôtre, c’est une urgence de déployer les espaces de débat et de réflexion, qui sont les seuls et uniques antidotes aux théories du complot, et qui sont nécessaires à la démocratie, à la liberté, à l’égalité.

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Appel du réseau des Crefad aux artisans de la formation !

Je reproduis ci-dessous l’appel qu’adresse le réseau des Crefad aux artisans et artisanes de la formation (publication initiale ici).

Le Réseau des CREFAD est la coordination nationale des associations qui se reconnaissent dans des valeurs communes en référence au Manifeste de Peuple et Culture : l’éducation populaire, la laïcité, la lutte contre les inégalités, injustices, habitudes et intolérances, la référence à l’entraînement mental, tout en prenant en compte les évolutions du monde et des techniques et le fait économique de nos associations inscrites dans l’économie solidaire. Ses membres travaillent les thèmes de l’accompagnement, de la formation des adultes, de l’habiter, de la vitalité des territoires ruraux, de la jeunesse, de la création d’activités, de l’interculturel, du rapport à la lecture et à l’écriture. Ils œuvrent en réseau pour se renforcer, s’inspirer les uns des autres, se soutenir mutuellement, construire ensemble du neuf.

Cet appel définit ce que doit être la formation selon les principes et les visées de l’éducation populaire. À ce titre, il est extrêmement précieux et il peut nous servir de boussole dans nos activités.

À lire et à relire 🙂

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« La chanson était la culture du pauvre » – Michel Ragon

Je reproduis ici deux textes :

  • La Préface de Michel Ragon à l’Anthologie de la chanson française réalisée par Marc Robine, et publiée en 1994 aux éditions Albin Michel, comprenant les enregistrements de plus de 300 chansons.
  • Un extrait de l’article « Quartiers, banlieues, cité » du sociologue Denis Merklen, publié dans le Manuel indocile de sciences sociales, et qui traite en particulier de le mouvement culturel issu des quartiers populaires, et notamment de la mouvance hip hop.

Ceci au moment où, personnellement, je prends plaisir, sur mon tout nouveau compte Instagram, à faire correspondre des chansons et des photos que j’ai prises.

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Empowerment et féminisme noir – Joice Berth

Je conseille la lecture de cet excellent ouvrage de Joice Berth, traduit du brésilien et publié en 2019 par les éditions Anacona. Je vous en donne ici quelques extraits afin de vous mettre l’eau à la bouche…

Ci-dessous la version longue d’un article publié en novembre 2020.

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