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Y a-t-il une vie après le syndicalisme ? CQFD

En décembre 2016, le numéro de CQFD, journal hautement recommandable, publiait un dossier sur le thème « Y a-t-il une vie après le syndicalisme ».
J’ai relevé les extraits (nécessairement sortis ici de leur contexte) qui m’ont le plus intéressée. À vous de lire la totalité du dossier…


Ces 30 dernières années, le travail salarié en Europe occidentale a changé de face. Moins de stabilité, donc moins de vision à long-terme pour les travailleurs. Des contrats plus courts et jetables, qu’il faut sans cesse renouveler, des licenciements de plus en plus faciles pour les patrons, un retour au paiement à la tâche, des garanties sociales grignotées chaque année, et des salaires de plus en plus bas. La désindustrialisation et la tertiarisation des pays du Nord a quant à elle atomisé les salariés, faisant passer le lieu de production de l’usine, permettant une communauté de condition et de lutte, au domicile privé ou au travail de bureau atomisants. Celles et ceux qui bossent encore en usine ont des statuts multiples, de l’interim au CDI, en passant par les systèmes de prime, autant de manières de les diviser encore. Le taux de syndicalisation en France ne représente plus que 10% des travailleurs (sur ce coup, la police explose la moyenne avec 50% de syndiqués…). Les services ont explosé, mais la force de l’organisation syndicale semble s’être cantonnée au modèle industriel, et l’on ne voit pas d’entraide solidement organisée dans le tourisme, l’hôtellerie, la restauration, le soin, à la hauteur de l’histoire des luttes du mouvement ouvrier. Les syndicats traditionnels ont accepté leur rôle de partenaires sociaux, bien loin des principes fondateurs et révolutionnaires des Bourses du travail, du soutien mutuel libertaire et des critiques radicales du salariat qui avaient permis de bousculer les plus tièdes, et d’aboutir à de réelles victoires contre l’exploitation au cours du XXè siècle. Dans le même temps, le chômage entre 2 jobs est devenu banal. Le travail se fait donc en pointillé, soit de manière plus ou moins choisie par des gens qui refusent de travailler en continu, soit de manière imposée pour des gens qui ne trouvent pas d’emploi dans leur domaine de savoir-faire.

Leur but pourrait être d’affronter la 1ère des précarités : l’isolement, qui nous dépossède de nos moyens d’action, de nos prises sur nos vies et de la joie de lutter.

Charte d’Amiens, 1906, 9ème congrès de la CGT.
Article 2 : Le syndicat « groupe, en-dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat. »

On évalue que Fight for $15 aurait permis d’augmenter le salaire minimum de 5,6% aux USA l’année dernière.

ReAct : décloisonner le syndicalisme.
Pédagogie de la lutte.
Ancré dans le syndicalisme révolutionnaire des origines d’une Emile POuget, qui valorise l’action directe et l’obtention de victoires concrètes (la 1ère jambre de la Charte d’Amiens) comma la base du travail politique à mener.
Syndicalisme tout terrain.

Saint-Denis Debout : « Tout le travail ingrat du syndicalisme – aller tracter devant les boîtes, afficher, informer, rencontrer et discuter avec les travailleurs – est de plus en plus laissé de côté. »

Forme de syndicalisme autonome irrigué d’idées anarchistes, un syndicat de base s’organise autour d’une profession et non au sein d’une entreprise, dans des secteurs où les employés sont particulièrement isolés (restauration, nettoyage, emplois à domicile). Les décisions y sont prises en assemblées, souvent au consensus.

Les syndicats se bornent le plus souvent à une défense corporatiste de l’emploi : il s’agit de préserver des statuts et des conditions de travail, sans remettre en cause le sens des productions et des priorités des travailleurs. Ces syndicats se dont ainsi les cogérants d’une organisation sociale pourtant à l’origine des maux qu’ils combattent.

 

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