Macron Le Pen

Macron – Le Pen : seule la lutte paie !

Le Pen et Macron sont au second tour. Que faire ?

Ces deux candidats ne nous promettent que des régressions sociales. Pour empêcher ces régressions, qui font le terreau de l’extrême-droite, seule la lutte paie : ce n’est que par nos mobilisations au quotidien et au long cours que nous pouvons faire bouger les choses.

Si le libéralisme est le terreau du fascisme, il n’est cependant pas possible de mettre les deux sur le même plan. Si aucune voix ne doit aller au FN, l’idée de voter Macron pour faire « barrage au FN » est insupportable à beaucoup. S’abstenir, c’est garder ses mains propres et faire (peut-être) baisser la légitimité de Macron une fois élu, mais c’est aussi se reposer sur les votes des autres et faire confiance aux sondages… Si je me demande si s’abstenir n’est pas un privilège de Blancs classe-moyenne, la seule chose dont je suis sûre c’est qu’il faut nous investir dans les luttes pour transformer la société. Car il va nous falloir lutter. Or, dans cette lutte, Le Pen sera quand même une adversaire encore pire que Macron. Je ne suis pas sûre qu’avoir le sentiment d’avoir « les mains propres » nous sera d’une quelconque aide pour mener cette lutte (peut-être même, au contraire, que le sentiment d’avoir « bien fait » en s’abstenant pourrait en pousser certain-es à trouver leur engagement suffisant ?). J’aimerais être sûre que les votant-es feront barrage au FN, et que moi je pourrai garder les mains propres : mais accepterai-je que ce soient les sondages qui décident de ce que je ferai le 7 mai prochain ?

Je répertorie ci-dessous des communiqués d’organisations syndicales et militantes. Toutes insistent le plus souvent sur le fait que la réelle perspective est celle de la lutte et des mobilisations.
Les organisations syndicales insistent sur le mot d’ordre « Pas une voix au FN » car cela n’est, on le sait, parfois pas évident pour les salarié-es ni même pour leurs adhérent-es, et que c’est en effet la priorité (CGT, Solidaires, FSU, Sud PTT) (voir le vote analysé par préférence syndicale, très intéressant : ici)
Les organisations politiques et militantes laissent chacun-e se débrouiller avec le dilemme, car leurs sympathisant-es et adhérent-es sont déjà convaincus de ne pas voter FN (Alternative Libertaire, NPA, La Horde, Groupe Salvador-Segui).

Bon dilemme à tou-tes (entre Macron et abstention), et surtout rendez-vous le 1er mai dans la rue. La rue et les mobilisations où, là, nous devons nous engager sans hésiter.


Pas une voix ne doit aller au FN

Communiqué de l’Union Solidaires
Lundi 24 avril 2017
Publié ici

Dans la continuité de la lutte quotidienne qu’elle mène depuis des années contre l’extrême droite, Solidaires réaffirme que pas une voix ne doit aller au FN. Ce parti base sa politique sur la « préférence nationale », le racisme et le repli nationaliste, incompatibles avec nos valeurs.
Marine Le Pen se présente comme la candidate « antisystème », en défense du « peuple » et des « laissés pour-compte » de la crise, mais le projet politique qu’elle incarne est avant tout celui d’un nationalisme exacerbé qui ne remet en cause ni le capitalisme, ni le libéralisme qui alimentent depuis des années les inégalités et la précarité.

Pas de soutien à une politique libérale et répressive

L’alternative n’est pas la continuité avec les politiques des précédents gouvernements qui ont conduit à l’exaspération sociale et au renforcement de l’extrême droite : remises en cause du droit du travail avec le passage en force de la « loi Travail », attaques contre la protection sociale et les services publics, poursuite des politiques européennes d’austérité et de libre échange, etc.

Lutter avant, pendant, et après les élections

Nos revendications restent entières et nous sommes dans la lutte aux côtés des travailleuses et travailleurs quel que soit le gouvernement. C’est la valeur de notre indépendance par rapport aux partis politiques et aux pouvoirs. C’est le sens aussi de notre engagement dans la campagne « nos droits contre leurs privilèges » où, avec d’autres mouvements sociaux, nous voulons construire une société plus juste, égalitaire, débarrassée des oppressions et des discriminations et respectueuse de la planète.
Quand nous luttons pour l’égalité des droits et au côté des sans-papiers et demandeur-ses d’asile, contre l’injustice, pour la sécurité et la santé au travail, pour une amélioration concrète de nos droits et une meilleure répartition des richesses, nous luttons réellement contre la montée du fascisme et l’instrumentalisation de la misère sociale. Et c’est cela que nous allons continuer.

C’est tout le sens de notre appel à faire du 1er mai un moment fort de rassemblements et de manifestation.


Faire barrage à l’extrême droite et lutter pour le progrès social et la démocratie

Communiqué de la CGT
Déclaration de la Commission exécutive confédérale
mardi 25 avril 2017
Publié ici

Les résultats du premier tour des élections présidentielles françaises confirment les risques pour la démocratie, les droits des salariés et des citoyens.
Ils sont les résultats des politiques libérales, des lois régressives, des remises en cause des droits, comme des renoncements des gouvernements successifs à œuvrer véritablement pour la justice sociale et la réponse aux besoins sociaux et environnementaux. Pour autant, depuis des mois, de nombreux salariés et citoyens contestent ces choix, s’opposent aux mauvais coups, tels la loi travail et la loi Macron et se mobilisent avec leurs organisations syndicales, notamment la CGT.
Pour la deuxième fois dans le pays, sous la Vème République, une candidature d’extrême droite, représentée par le front national, sera présente au second tour des élections présidentielles. C’est un danger pour la démocratie, la cohésion sociale et le monde du travail. Les gouvernements, qui depuis 2002 se sont succédé sans jamais répondre aux aspirations légitimes à plus de justice sociale, sans ouvrir de perspectives d’avenir meilleur, en portent une lourde responsabilité !
La CGT ne se résoudra jamais à accepter un tel scénario. Elle affirme que les salariés doivent, plus nombreux et plus fort, exprimer leurs attentes et leurs exigences revendicatives, faire grandir des mobilisations convergentes capables d’imposer un rapport de force pour gagner de nouveaux droits. Seul le progrès social favorise les solidarités, participe à combattre l’exclusion, les stigmatisations, les mises en concurrence.
L’utilisation des peurs, du terrorisme, les amalgames éhontés entendus lors de la campagne, la xénophobie, le racisme, le sexisme et l’homophobie, la préférence nationale ne résoudront pas les inégalités, le chômage et les bas salaires.
La CGT les combat et les combattra sans relâche ! Elle n’aura de cesse de faire barrage à l’extrême droite ! Pas une voix ne doit se porter sur sa candidate !
L’autoritarisme des gouvernements successifs, les engagements non tenus ou les reniements, le renoncement à une Europe sociale, les dénis de démocratie, l’utilisation à répétition du 49.3 et les politiques menées ont cultivé la désespérance et le fatalisme d’une partie de la population. Cela est renforcé par la casse de l’industrie et des services publics, la montée du chômage et de la précarité, l’abandon des zones rurales et périurbaines.
La CGT ne croit pas en l’Homme providentiel et c’est la raison pour laquelle, elle revendique une véritable démocratie et de véritables droits d’expression et d’intervention dans toutes les entreprises et les services. Elle propose des alternatives sociales comme, par exemple, l’augmentation des salaires, des pensions et minima sociaux, les 32 heures pour travailler toutes et tous, travailler mieux et moins.
La CGT appelle l’ensemble des salariés et des organisations syndicales à faire du 1er mai une journée de mobilisation, de lutte et d’expression revendicative exceptionnelle, une journée de rassemblement pour les droits des travailleurs, le progrès social, la liberté, l’égalité, la justice, la fraternité, la paix, la démocratie et la solidarité internationale.


Macron et Le Pen au 2nd tour
Une seule consigne : Mobilisation !

Communiqué de Sud PTT
Mardi 25 avril 2017
Publié ici

Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle est évidemment une très mauvaise nouvelle pour notre camp social. Il est clair que nous n’avons que des mauvais coups à attendre des deux finalistes.

L’imposture Le Pen

Marine Le Pen a, dès le soir du 23 avril, commencé une opération séduction en direction des électeurs et électrices de Jean-Luc Mélenchon. Elle a été jusqu’à fustiger la loi El Khomri, alors que les sénateurs de son parti ont déposé plusieurs amendements aggravant le caractère libéral de cette dernière. Toutes celles et tous ceux qui ont subi les coups de matraques, les tirs de flash ball et les gaz lacrymos se rappelleront également des propos de la candidate FN dénonçant alors “l’inaction et le laxisme” du gouvernement vis-à-vis des manifestant-es. Il y a là toute la méthode des escrocs qui veulent nous faire passer des vessies réactionnaires pour des lanternes sociales. Le FN est un parti qui défend tout autant le capitalisme que ceux qu’il prétend combattre. Il en a même toutes les tares, y compris la corruption, comme en témoignent les condamnations de bon nombre de ses élu-es. L’imposture est toute aussi flagrante en ce qui concerne les droits des femmes, dont Le Pen assure que c’est l’un de ses combats. Or, en tant que députée européenne elle n’a eu de cesse de voter contre la moindre avancée, qu’il s’agisse de l’accès à l’IVG, l’égalité salariale ou la lutte contre les violences faites aux femmes. Le FN est toujours notre ennemi mortel, un ennemi qui répand son poison raciste, dont les cibles premières sont nos collègues immigré-es ou d’origine immigrée, et qui nous divise et nous affaiblit toutes et tous.

Macron : Hollande en pire

A sa manière, Macron se présente également en candidat hors système, lui qui, de l’ENA au gouvernement en passant par la banque Rothschild, n’a cessé de servir les intérêts du système et de ses bénéficiaires. Son programme : continuer et aggraver la politique menée sous la présidence d’Hollande. Code du Travail encore plus démantelé, réforme de l’assurance chômage, fin de la retraite par répartition… Le tout à coup d’ordonnances. Loin d’être un quelconque rempart contre le FN, Macron, comme ses prédécesseurs, lui prépare le terrain.
Car ce sont bien les politiques anti-sociales menées depuis des décennies qui font grimper les scores des Le Pen, le père puis la fille. Les reprises des thématiques racistes par les partis institutionnels participent aussi de la banalisation du FN. Les propos de Valls sur les Rroms qui n’auraient pas “vocation” à rester en France ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres.

Plus que jamais, prendre nos affaires en main

Pour lutter contre le FN, mais aussi contre les politiques de régression généralisée qui font le lit de l’extrême-droite, l’urgence est à la mobilisation sociale, dans la rue, les entreprises, les quartiers comme dans les zones rurales désertées par les services publics. Nous appelons à la convergence de toutes les initiatives qui vont dans ce sens, dans l’unité la plus large possible.

Le premier rendez-vous est fixé le 1er mai. La journée internationale du monde des travailleuses et des travailleurs revêt cette année une importance toute particulière. Alors, toutes et tous en manif !


Élections présidentielles : pas une voix pour le Front national !

Communiqué de la FSU
Lundi 24 avril 2017
Publié ici

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle indiquent que la représentante du Front national est qualifiée pour le second tour.

La FSU considère avec une extrême gravité la montée de l’extrême droite dans notre pays.
Depuis des années, la FSU prend une part active pour la combattre. Elle s’est encore récemment adressée à toutes et tous les agent-es de la Fonction publique pour les alerter sur la dangerosité du Front national pour notre démocratie.

Une arrivée au pouvoir du Front national est inenvisageable pour la FSU. Outre les replis nationalistes, les discours de haine et de racisme, le programme du Front National est contraire aux objectifs et valeurs de solidarité, justice sociale, égalité et de paix que porte la FSU. Compte tenu des pouvoirs octroyés au président de la Vème République, la prise de pouvoir du Front national serait une catastrophe pour notre pays : préférence nationale et racisme d’État aggraveraient encore les fractures de notre société. Les plus fragiles de nos concitoyens seraient les plus touchés. La FSU ne peut l’envisager.

Contrairement à un affichage anti-système, là où il est en responsabilité, le Front national déploie une organisation clientéliste et discriminatoire. Il dit parler « au nom du peuple » et des « petits », mais brise les solidarités en s’attaquant par exemple au milieu associatif et culturel. Pour réduire les impôts, il fragilise le service public. Et il n’hésite pas à exercer des pressions sur les agent-es, en utilisant honteusement les réseaux sociaux comme moyen d’intimidation.

Mais lutter contre les idées d’extrême droite implique de lutter contre les inégalités et les injustices, les politiques libérales en œuvre qui font le lit de l’extrême-droite depuis des années. Il s’agit de les combattre et de faire avancer nos revendications.

Continuer sur la voie des politiques libérales ne fera qu’aggraver le chômage et la précarité, fragiliser les services publics et la protection sociale, amenuiser l’égalité de toutes et tous face aux droits élémentaires, renforcer les inégalités sociales…

La FSU porte et continue de porter des propositions alternatives pour une société plus juste et plus solidaire : partage du temps de travail, autre répartition des richesses et réforme fiscale, mesures pour une transition écologique pour préparer l’avenir, renforcement des services publics et de la protection sociale pour lutter contre les inégalités, réussite scolaire et élévation d’un niveau de qualification pour tous les jeunes … Elle les portera également lors de la campagne des élections législatives et au-delà.
C’est cette orientation qu’elle continuera de porter et de défendre avec les personnels. Elle construira, chaque fois que nécessaire, avec les salariés, les mobilisations dans l’unité la plus large.

La FSU s’y emploie dès aujourd’hui en appelant à faire du 1er mai un grand rassemblement revendicatif, dans l’unité la plus large, pour une société plus juste, plus égalitaire et plus solidaire, et pour dénoncer l’idéologie du Front National présent au second tour des élections.
Le vote Front national n’est pas la solution pour répondre aux crises et difficultés que connaît notre société. Nous sommes toutes et tous concerné-es. Pas de vote pour le Front national !


Élections : La vraie alternative, c’est la lutte sociale

Communiqué d’Alternative Libertaire
Lundi 24 avril 2017
Publié ici

Le Pen ou Macron ? Risque fasciste ou capitalisme ultralibéral ? Entre ces deux maux, on peut toujours choisir le moindre. Mais quel que soit le résultat, il faudra opposer au nouveau pouvoir la résistance des travailleuses, des travailleurs et de toute la population dans sa diversité pour espérer bâtir une autre société.

Quinze ans après son père mais cette fois sans surprise, Marine Le Pen est au deuxième tour de l’élection présidentielle. Cet événement n’est que la conséquence logique de la politique menée par les partis de gouvernement depuis les années 1980. En gérant la dernière crise du système capitaliste à coups de mesures d’austérité et de cadeaux au patronat, en poursuivant la construction d’une Union européenne au service du marché, en attisant la haine raciste et en pointant du doigt l’immigration et la minorité musulmane, en banalisant l’État policier avec « l’état d’urgence », les responsables politiques de droite comme de gauche ont déroulé le tapis rouge au Front national et aux idées d’extrême droite.

Fillon, le candidat du Medef, de la droite traditionnelle et de la bourgeoisie réactionnaire, rattrapé depuis plusieurs semaines par des magouilles politico-familiales dont il n’a certainement pas le monopole, a été balayé dès le premier tour, au profit de Macron, candidat des banques et des oligarchies gagnantes de la mondialisation. Macron représente une droite relookée affirmant un ultralibéralisme décomplexé qui prétend faire « la révolution » en détruisant toutes les barrières qui freinent l’appétit vorace du libre marché. Chouchou des médias, il a séduit ceux qui à droite comme à gauche rêvent d’ »ubériser » toute la société.

Dans cette situation, bien conscient.es des conséquences que cela aurait pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs, et en particulier pour les femmes, les immigré.es, les musulman.es et les homosexuel.les, nous comprenons celles et ceux qui voudront, par tous les moyens et sans aucune illusion, empêcher Marine Le Pen et le FN de mettre la main sur l’appareil d’État. Mais nous comprenons aussi celles et ceux qui refuseront de cautionner plus longtemps ce système antidémocratique qui nous prive de notre capacité d’agir. C’est pourquoi Alternative libertaire ne donnera pas de consigne électorale pour le 7 mai.

Ce qui est important, c’est de garder à l’esprit et de répéter autour de nous que le vrai barrage aux idées d’extrême droite, nous le construisons jour après jour dans les luttes collectives, sur nos lieux de travail et nos lieux de vie, dans nos syndicats et nos collectifs. C’est en engrangeant de nouvelles conquêtes pour l’égalité sociale et territoriale que l’on fera naître le désir d’une société débarrassée du capitalisme, du patriarcat et du racisme.

Nous appelons à ne pas se résigner et à descendre dans la rue, en particulier le 1er mai à l’occasion de la journée internationale des travailleurs et des travailleuses pour affirmer haut et fort que le vrai changement de société ne viendra que de nos luttes.


Contre l’extrême droite et les politiques libérales, la riposte commence le 1er Mai

Communiqué du NPA
Dimanche 23 avril 2017
Publié ici

Macron et Le Pen au second tour, c’est un résultat terrible pour les classes populaires. Macron est l’héritier direct de la politique libérale des gouvernements Hollande, le roi de la précarité, de l’uberisation. Le Pen est un danger mortel pour les libertés démocratiques, pour les populations d’origine immigrée et, de manière générale, contre tous les acquis sociaux.

Dimanche 7 mai, beaucoup voudront faire barrage au FN en votant Macron, nous le comprenons. Mais ce sont bien les politiques d’austérité et sécuritaires, en particulier quand c’est la prétendue gauche de gouvernement qui les a portées, qui sont la cause de la montée du FN. Macron n’est pas un rempart contre le FN. Pour faire reculer durablement ce péril, il n’y a pas d’autre solution que de reprendre la rue, comme la jeunesse l’avait fait en 2002, comme nous l’avons fait l’an dernier contre la loi travail.

Reconstruire une perspective politique pour les exploités

Les partis au pouvoir depuis 60 ans, PS et Républicains, sont éliminés du second tour. C’est le signe d’une grande crise politique, du ras-le-bol de la population pour les politiques menées depuis des dizaines d’années, du ras-le-bol face au chômage, à la pauvreté, etc. Mais ces déconfitures ne profitent malheureusement pas à une gauche plus combative, elles profitent à Le Pen et Macron, des candidats qui n’ont rien de bon pour les classes populaires.

Le score de Philippe Poutou, notre candidat, est faible, avec 1,10% et 400 000 voix. C’est justement le reflet des difficultés des classes populaires à défendre leurs intérêts et à remettre en cause le système. Plus globalement, la gauche sort en grande faiblesse de cette élection, avec moins de 30% des voix. C’est fondamentalement le résultat de la politique du PS au pouvoir. Mais nous sommes fiers d’avoir bousculé la campagne en dénonçant le FN, Fillon et Macron, en montrant que les exploités avaient quelque chose à dire dans cette campagne.

Tous ces éléments montrent l’importance et l’urgence de reconstruire un parti pour les exploités. Nous avons besoin d’un parti qui représente nos intérêts, un outil pour nos luttes quotidiennes, pour en finir avec le système capitaliste, pour porter le projet d’une société débarrassée de l’exploitation et de toutes les oppressions.
Cette bataille-là, ni Hamon ni Mélenchon n’ont voulu la mener dans cette élection, l’un ne voulant pas rompre avec l’Union européenne, les institutions et le PS, l’autre reprenant à son compte les drapeaux français et les « Vive la France » comme symbole de son aspiration à travail à l’intérieur du système.

L’heure est à la mobilisation

Nous souhaitons que, comme en 2002, des manifestations soient organisées contre le FN. La solidarité militante est la meilleure façon de faire reculer ce parti. Mais nous voulons aussi préparer les mobilisations nécessaires contre la future politique de Macron, qui a d’ores et déjà promis de casser le code du travail par ordonnances, c’est-à-dire sans passer par le Parlement. Une sorte de 49-3 permanent ! C’est à cela que nous voulons construire, dans les quartiers populaires, dans les entreprises, dans les mobilisations, dans l’action quotidienne. La manifestation du 1er Mai sera la première échéance qui va dans ce sens, nous devons y être très nombreux pour commencer à construire la riposte. Au soir de ce premier tour, l’avenir reste bien à la contestation de ce système, toutes et tous ensemble.


Ni patrie, ni patron : seule la lutte paie !

Communiqué de La Horde
Lundi 24 avril 2017
Publié ici

Alors ça y est, les heureux gagnants de la loterie électorale sont donc Marine Le Pen et Emmanuel Macron. En dépit de la versatilité des intentions de vote, cette campagne électorale a donc finalement eu le résultat le moins inattendu : les partis dits « de gouvernement » (PS, LR) se retrouvent distancés par deux candidats qui prétendent apporter une « alternance », une « rupture avec le système », pour reprendre les mots de Le Pen et Macron le soir même des résultats du premier tour

Mais de quelle alternance, de quelle rupture parle-t-on ?

C’est au contraire sur les candidats qui représentent à la fois, mais chacun à leur façon, le capitalisme le plus sauvage et le nationalisme le plus étroit que se sont portés l’essentiel des suffrages exprimés.
Car ne nous y trompons pas : l’un comme l’autre, dans leur projet économique et social, défendent une vision fondamentalement inégalitaire des rapports entre les gens. Aussi, quelque soit le résultat dans quinze jours, si on place nos espoirs dans les urnes, on a déjà perdu : face aux capitalistes et aux nationalistes, qu’ils-elles viennent d’En Marche ou du Front national, il faudra s’opposer, pied à pied et sur tous les fronts, pour défendre nos valeurs d’égalité et de solidarité.

Frankreich über alles

En 2002, la présence de l’extrême droite au second tour avait surpris et ému, poussant des milliers de gens dans les rues le soir même. Aujourd’hui, plusieurs centaines de personnes ont tenté de manifester, et en ont été violemment empêchéEs par des policiers déchaînés, dont plus de 50% votent FN.

Surtout, bien peu de gens s’inquiètent que Marine Le Pen se retrouve en deuxième position, alors même qu’elle rassemble sur son nom 2,5 millions de voix de plus que son père, et qu’elle a plus de chance que lui de l’emporter au second tour. Mais il y a pire : car après trois mois de campagne électorale dominés par des surenchères chauvines, de la France insoumise au Front national, le grand vainqueur de l’élection est d’ors et déjà le nationalisme le plus décomplexé. Dans les luttes à venir, nous devrons rappeler que revendiquer l’appartenance à la communauté nationale n’est pas un argument, mais au contraire un obstacle à la constitution d’un front de lutte uni.
Par ailleurs, alors que tous les candidats, sans exception, se déclarent « anti-système », les trois-quarts des votantEs se sont rangéEs sagement derrière la droite et l’extrême droite, et la quasi-totalité derrière les défenseurs les plus acharnés de l’autorité. Loin d’être des symboles d’un quelconque renouveau, Macron et Le Pen sont aux aussi les héritiers et les garants de l’ordre établi. Ils prétendent tous deux représenter une rupture, alors qu’ils sont les purs produits, l’un de la social-démocratie la plus libérale, et l’autre de l’extrême droite la plus traditionnelle.

Alors, que faire ?

Voter reste pour nous un acte individuel, un droit que chacunE est libre d’exercer ou non. Pourtant, nous savons que nombreux vont être celles et ceux qui vont tenter de culpabiliser les abstentionnistes au nom du « vote utile », tout en se donnant bonne conscience à moindre frais. CertainEs nous diront qu’il faut faire barrage au nationalisme, tandis que les partisans de l’extrême droite joueront les dissidents : mais Macron se dit « le président des patriotes », et Le Pen n’a eu de cesse de chercher à se faire adouber par le patronat pour « crédibiliser » son projet.

Voter Macron ne fera que dégrader les conditions de vie du plus grand nombre, mais cela fera aussi progresser le Front national, qui prospère sur la précarité : loin d’être un rempart au FN, c’est un toboggan qui nous y entraîne. Pour s’opposer à l’ultra-libéralisme, le projet FN est non seulement la pire alternative, mais également un miroir aux alouettes, car les rapports d’exploitation ne sont jamais remis en cause par le parti de Marine Le Pen, qui séduit aussi bien les patrons que les employés.
De notre côté, nous pensons, plutôt que de « faire barrage » au Front national, qu’il faut s’inquiéter de la progression des idéaux inégalitaires, de l’audience des sirènes nationalistes et populistes, et de se mobiliser dans la rue, sur nos lieux de travail, pour s’y opposer. C’est ce que nous faisions avant les élections, et c’est ce que nous ferons après.


Contre le fascisme et l’ultra-libéralisme, l’urgence d’imposer la justice sociale

Communiqué du Groupe anarchiste Salvador-Seguí
Mercredi 26 avril 2017
Publié ici

Le 1er mai 2017 s’inscrit dans un climat particulier, comme celui qui l’a précédé, il y a un an. Sauf qu’en lieu et place des manifestations monstre contre le projet de loi Travail, la Journée des luttes des travailleurs croise, cette fois, la route de l’élection présidentielle. Pile entre les deux tours, au milieu de la cacophonie médiatique, où les uns et les autres tentent de nous arracher nos voix. Mais de voix, nous n’avons pas ; pas pour eux, du moins. Entre la cheffe de file d’un parti-famille mafieux et fasciste et le porte-drapeau du libéralisme débridé, principal artisan des pires lois du quinquennat Hollande, nous ne choisirons pas. Si certains se retrouveront dans l’isoloir pour barrer la route à Le Pen, ce n’est pas le choix de Macron qu’ils feront, mais le refus du fascisme.

Macron, le pompier pyromane

Mais ne nous leurrons pas pour autant. Emmanuel Macron n’est pas un réel rempart à l’arrivée au pouvoir du Front national, tout juste permettra-t-il, s’il est élu, de gagner cinq petites années. Car le fascisme dédiabolisé progresse depuis longtemps dans l’opinion, et les élections ne sont pour lui que des occasions de mesurer cette ascension lente mais bien enracinée. Et, que l’on aille ou non voter, il faudra bien avoir conscience que si, le 7 mai, Macron vient à battre Le Pen, non seulement il n’infligera aucune défaite réelle au Front national et à ses idées, mais il s’apprêtera aussi à lui préparer le terrain pour l’avenir. Car la principale raison de l’emprise tous azimuts du clan Le Pen sur les cerveaux de plusieurs millions de citoyens n’est pas à chercher dans les discours tenus lors des meetings électoraux de la candidate fasciste, mais dans les politiques successives orchestrées par les gouvernements précédents, et particulièrement dans leurs effets, terribles, sur les classes populaires. C’est un fait, le projet économique libéral qu’ils n’ont eu de cesse de porter génère une misère sociale croissante, qui s’articule désormais autour d’un chômage de masse et d’une précarisation violente du travail, avec des contrats précaires qui se multiplient, des SMIC qui n’augmentent pas et des retraites qui baissent. Une misère qui, sous le dernier quinquennat, s’est aussi doublée d’une répression particulièrement implacable du mouvement social, criminalisé dans les médias et traîné devant les tribunaux et les conseils de discipline après être passé sous les coups d’une police à la violence décomplexée. Cette situation et la peur qui l’accompagne (celle de perdre son emploi et, allant, tout ce qui en dépend) engendrent, inexorablement, un ressentiment qui, déboussolé, en vient à se cristalliser dans une adhésion au programme politique d’un Front national qui récolte les succès électoraux depuis plusieurs années, s’assurant des bases territoriales non négligeables (dans les mairies, les départements et les régions).

Cinq années de présidence Macron, c’est, à en juger par les politiques qu’il entend entreprendre, la quasi-assurance de voir le fascisme débouler dans quelques années, sur les ruines de tout ce que le candidat d’En marche ! aura détruit en matière d’acquis sociaux. Macron n’est pas un rempart contre le fascisme, c’est, bon gré mal gré, un semeur de mauvaises graines qui, au-delà même de la question de l’extrême droite, promet déjà des heures sombres à la classe du travail et aux nombreuses conquêtes sociales qu’elle a arrachées aux pouvoirs précédents. D’ailleurs, il nous l’annonce déjà : la loi  Travail  sera « améliorée » (comprenez que le Code du travail va perdre de plus en plus de pages) ; pas étonnant  que le Medef ait les yeux de Chimène pour le créateur d’En marche !

Le Pen : exploitation cocardée et xénophobie

Ne nous leurrons pas non plus, Le Pen n’est pas plus la candidate du travail que Macron celui de l’antifascisme. Si, dans sa propagande, le Front national reprend quelques mots d’ordre propres aux revendications de certaines organisations syndicales en matière de travail, ce n’est jamais que pour élargir sa base électorale, en tentant d’attirer des électeurs de gauche, notamment ceux de la France insoumise. Mais cette danse du ventre cache mal ce que prévoit Le Pen pour les travailleurs et les travailleuses, et qui n’est guère plus enthousiasmant que ce que propose son rival ; tout juste nos employeurs devront-ils afficher une cocarde sur le revers de leur costume pour témoigner d’un certain patriotisme économique qui, au fond, ne vise qu’à privilégier une bourgeoisie (nationale) sur une autre (internationale), sans se soucier davantage de l’émancipation du prolétariat. Nous avons eu tout loisir de constater jusque-là l’absence du Front national au côté des exploités dans les conflits sociaux et son soutien aux forces de l’ordre quand celles-ci tabassaient des travailleurs manifestant pour améliorer leurs conditions de travail. Il suffit aussi, pour s’en rendre compte, de jeter un œil sur ce que vote à Bruxelles celle qui est aussi députée européenne : contre une résolution visant à lutter contre les délocalisations, pour la directive accordant le secret des affaires aux multinationales, contre le renforcement des droits des travailleurs dans les situations de licenciements boursiers, contre le congé maternité harmonisé à vingt semaines en Europe, contre l’égalité des salaires hommes/femmes à compétences égales, contre le renforcement de la directive sur la prévention des cancers professionnels, contre une résolution de lutte contre l’évasion fiscale, etc.

Non seulement le discours et les politiques du Front national ne feraient que diviser encore plus notre classe – dans une surenchère raciste du rejet de l’autre, étranger ou pas, désigné comme responsable des fautes politiques et des désastres sociaux engendrés par les choix du fascisme de gouvernement –, mais ils laissent aussi entrevoir un bien obscur avenir aux libertés syndicales, tant l’on connaît l’aversion que porte ce parti aux syndicats, qui, fidèles aux devoirs qu’exige la conscience de classe, ont toujours vivement combattu les fascistes et leurs avatars. Et que dire, aussi, des régressions fondamentales en matière de lutte contre le sexisme et la LGBTphobie promises par la candidate de la réaction et de l’ordre moral ? Donner les commandes de l’appareil d’État à ces nostalgiques de Vichy serait criminel ; et ne nous cachons pas derrière l’argument simpliste du « ça ne durera que cinq ans, après ce sera fini » : une fois au pouvoir, ils auront tous les moyens pour y rester.

Le désespoir qui conduit au fascisme se nourrit aussi de nos absences

La réponse à cette double menace ne pourra jamais vraiment s’incarner dans les urnes, desquelles ne peuvent sortir, en l’état, que des dangers. S’il importe de laisser chacun faire ce qu’il veut dimanche prochain (à savoir voter ou non Macron pour barrer la route à Le Pen), sans devoir essuyer la moindre culpabilité, il convient de dire que la seule riposte qui vaille, élaborée pour le long terme, c’est celle qui s’enracine sur le terrain des luttes sociales, dans nos entreprises et dans nos lieux de vie, là où nous pouvons avoir une prise directe sur les ravages opérés par les dominants. C’est aussi, surtout, dans le renforcement de nos organisations syndicales, qui, plutôt que de rester paralysées devant le calendrier électoral, doivent impérativement se saisir des questions que la situation impose, à savoir : quelle réponse syndicale antifasciste à une victoire du Front national ? Quel syndicalisme (re)construire pour bloquer les politiques promises par Macron en cas de victoire ? Et, surtout, comment renouer avec un syndicalisme de classe qui, au-delà des questions réformistes, au demeurant importantes – sinon incontournables –, puisse revendiquer un projet de société en rupture radicale d’avec le capitalisme ? Car c’est probablement là, nichées dans ces espérances nouvelles et enthousiasmantes de transformation sociale profonde, que résident les meilleurs germes de résistance aux dangereuses tromperies du fascisme.

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