Péril jeune

Deux enquêtes intéressantes portant sur les « jeunes »

Ce n’est pas souvent que des statistiques et des enquêtes retiennent mon attention… Mais cette fois, j’ai trouvé que les deux enquêtes qui sont sorties en ce début 2014 étaient vraiment très intéressantes.

Voici ce que j’en retiens :

Le 12 février 2014, l’observatoire de la jeunesse solidaire a présenté les résultats de son enquêtes 2014 portant sur « les jeunes et l’engagement politique ». Cela se passait à l’Assemblée nationale, et j’y étais.

Quelques jours plus tard, le 25 février, était publiée dans Le Monde l’analyse des résultats de la grande enquête « Génération Quoi ? », à laquelle ont praticipé 210000 « jeunes » de 18 à 34 ans. Le titre de l’article était « Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre ».

Quelles analyses sortent de ces enquêtes ?

Les deux universitaires invitées pour commenter les résultats de l’enquête sur « Les jeunes et la politique » ont présenté les analyses suivantes, qui recoupent assez bien les conclusions de l’enquête « Génération Quoi ? » :

Cécile Van de Velde

Les « jeunes » constituent une génération ultra-démocratique (surtout les étudiant-e-s et les diplômé-e-s). S’ils font preuve d’un fort potentiel de résignation, on observe également une grande force critique. En effet, cette génération est plus éduquée que toutes les précédentes, et elle dispose d’un grand accès à l’information.

Les normes actuelles sont celles du droit à la parole et de l’esprit critique : ce sont ces normes qui s’appliquent sur les réseaux sociaux. Ces normes entraînent une forte défiance à l’égard des politiques et des médias traditionnels, qui sont mis dans le même panier. En effet, on observe une grande défiance liée au décalage entre de très grandes attentes démocratiques et la réalité.

En conséquence de quoi, beaucoup de « jeunes » choisissent de se réapproprier le politique à une échelle plus intime et locale, par opposition à une adhésion à des idéologies constituées et/ou nationales. Il y a ainsi une forte augmentation des « non-alignés », qui se revendiquent « ni droite ni gauche », et estiment que la démocratie représentative ne représente plus bien. La réaction semble donc de se dire : « A défaut de changer les vies, je vais changer ma vie ». Le politique est ainsi approprié à des échelles plutôt individuelles, et les mouvements dans lesquels peuvent s’investir les « jeunes » se positionnent actuellement en marge du politique.

Mais, malgré ce repli, il existe un gros potentiel de révolte chez les « jeunes ».

Céline Braconnier

La moitié des « jeunes » déclare ne pas s’intéresser à la politique. S’ils se mobilisent pour voter, c’est surtout pour les présidentielles, moins pour les autres élections. La cause de cette absence de mobilisation est la méconnaissance et l’incompréhension. En effet, la destructuration de l’encadrement politique traditionnel (gauche, église…) a entraîné le fait que les jeunes issus de familles dépolitisées n’ont plus les moyens d’acquérir une culture politique, et que les inégalités de socialisation politique se reproduisent d’une génération à l’autre.

Cécile Braconnier en conclue que l’école doit se charger d’un rôle de socialisation politique. J’en conclue qu’il est urgent de développer l’éducation populaire politique !

 

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