Maison de la radio

L’effacement des classes populaires sur France Inter

Une enquête de François Ruffin et Sylvain Laporte, du journal Fakir, à lire ici sur le site d’Acrimed.

Quelques extraits choisis, l’idée étant de vous donner envie de lire tout l’article…

Extraits choisis

Ces extraits sont nécessairement sortis de leur contexte du fait qu’ils sont extraits de leur texte initial. Je ne peux que conseiller la lecture de cet article.


 

1,7 %. Voilà le temps d’antenne que France Inter a consacré, ce jour-là, aux ouvriers, employés, travailleurs, classes populaires, appelez-les comme vous voulez.

À la place des ouvriers, employés, travailleurs, à leur place, les artistes (réalisateurs, acteurs, chanteurs) ont largement la parole (3 heures 20). Les experts (politologues, psychologues, juristes) aussi (2 heures 20). Les patrons et leurs affidés (financiers, promoteurs, consultants) sont bien présents à leur tour (1 heure). Alors que les classes populaires représentent, d’après l’Insee, la majorité de la population, elles sont complètement marginalisées à l’antenne de la France Inter. A l’inverse, des groupes ultra-minoritaires monopolisent l’antenne.

Les animateurs appartiennent, sans surprise, au même monde social que leurs invités.
Sur les seize présentateurs que nous avons recensés, dont nous avons sorti les fiches Wikipédia, tous ont fait des études supérieures : des écoles de journalisme pour beaucoup, l’ENS également, des agrégations d’histoire, un doctorat en socio, des DESS de philo, avec beaucoup de bons élèves qui cumulent les diplômes (Science-Po, ingénieur, commerce). Nagui fait presque figure de cancre avec une prépa HEC avortée.

On a cité peu de noms, ici, et on n’accuse (malheureusement) personne : c’est un mécanisme collectif, inconscient, involontaire – et d’autant plus efficace qu’inconscient, d’autant plus permanent qu’involontaire. Il n’y a (malheureusement, encore) aucun calcul machiavélique, aucun complot, pour exclure les classes populaires de l’antenne. Ça se fait, c’est tout, et ça ne dérange personne.

« Une situation pré-révolutionnaire éclate, annonçait Lénine, lorsque ceux d’en haut ne peuvent plus, ceux d’en bas ne veulent plus, et ceux du milieu basculent avec ceux d’en bas. » Dans l’appareil idéologique, France Inter remplit objectivement cette fonction : que ceux du milieu ne basculent pas avec ceux d’en bas.

Ça n’est pas une fatalité : cette radio est aussi la nôtre.

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