Archives par mot-clé : Luttes

Murray Bookchin : Communalisme et municipalisme libertaires

Je reproduis ici un article de Paul Boino qui décrypte les idées de Murray Bookchin et les analyse à l’aune des idées communistes libertaires. Un article publié en 2001 sur le site https://libertaire.pagesperso-orange.fr et qui n’a rien perdu de sa pertinence.

Murray Bookchin : Communalisme et municipalisme libertaires

En pour, en contre, le municipalisme libertaire ne laisse pas indifférent…

Dangereuse déviation réformiste pour les uns, re-formulation pertinente et nécessaire de la praxis antiautoritaire pour les autres, la proposition formulée il y a maintenant plus de vingt ans par Murray Bookchin (voir AL 230) a provoqué et provoque encore des réactions extrêmement contrastées au sein du mouvement libertaire. Les prises de position radicale, assenées à grands coups d’arguments péremptoires, conçus moins pour convaincre ou débattre, que pour dénigrer ou exalter, pour glorifier ou flétrir, se sont succédé et agitent encore, de temps à autres, le landerneau anarchiste.

À regarder ainsi s’affronter tenants et adversaires du municipalisme, un candide pourrait croire qu’il s’agit d’un enjeu de toute première importance.

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La grève en France: «Pessimis­me de l’intelligence, optimisme de la volonté»

Je reproduis ici un texte de Christian Mahieux du 19 janvier, publié initialement sur le site À l’encontre.

La grève nationale interprofessionnelle a démarré le 5 décembre 2019; nous sommes le 19 janvier. 46 jours après, comment s’étonner que le mouvement prenne d’autres formes? Car, telle est bien la situation: il n’est plus juste de parler de grève générale, ni généralisée; mais gouvernement et patronat seraient bien présomptueux s’ils pensaient que le mouvement est fini.

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L’éthique de l’allié·e

L’éthique de l’allié·e

Un article d’Irène Pereira, publié le 30 août 2019 sur le site du Courrier

Qu’est-ce qu’un-e allié·e ? Cette notion est utilisée dans certains milieux militants pour désigner une personne qui ne subit pas directement une oppression, mais qui désire soutenir dans leurs luttes les personnes directement concernées. Il existe toute une réflexion militante autour de la posture de l’allié·e.

Être un ou une allié·e n’est pas une position sociale. On n’est pas allié·e comme on est une femme ou un homme, une personne de milieu populaire ou de classe moyenne supérieure. Être allié·e, c’est un choix éthico-politique. C’est faire le choix, alors que l’on bénéficie de certains privilèges sociaux, de les considérer comme injustes et d’aider à lutter contre les inégalités sociales et/ou les discriminations qui y sont liées.

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Plongée critique dans « Rules for Radicals » de Saul Alinsky

Les éditions Le Poing – Presse Libertaire nous proposent une brochure extrêmement argumentée intitulée « Quelles règles pour les radicaux ? Plongée critique dans Rules for Radicals de Saul Alinsky ».

Analysant la posture d’entrepreneur politique, de professionnel de la radicalité, l’auteur va chercher dans l’ouvrage d’Alinsky Rules for Radicals de quoi analyser l’idéologie et les pratiques de ce dernier.

Télécharger cette brochure.

En lire quelques extraits :

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Le chant des partisans version Gilets Jaunes

Les 26 et 27 janvier 2019, des Gilets jaunes de toute la France se sont retrouvé-es à Commercy pour la première Assemblée des Assemblées. Plus de 350 personnes ont été présentes, et 75 délégations de groupes de Gilets jaunes.

Lire les paroles de cette version des Gilets jaunes, ainsi que la déclaration de fin.

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Activisme / Mobilisation / Organisation

Les organizers étatsunien-nes font une différence nette entre :

  • Activisme : être actif-ve soi-même dans les luttes, présent-es aux réunions, aux manifestations, aux actions. Mais sans être capable de ramener du monde avec soi.
  • Mobilizing : faire descendre du monde dans la rue autour d’une cause préexistante, organiser de larges mouvements d’opinion publique, mais qui n’ont pas forcément de suite. Par exemple : Marche des femmes, Marche pour le climat, etc.
  • Organizing : le lent travail d’organisation, qui se fait en prenant en compte quelles sont les préoccupations des gens, et qui place comme priorité la démarche de s’organiser collectivement sur la durée.

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Nous ne revendiquons rien

Je reproduis ici un texte de Johann Kaspar, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par les éditions Senonevero.

La brochure est disponible en téléchargement ici.

Dans ce texte, Johann Kaspar nous propose une vision de ce que signifient les revendications : elles justifient la lutte en même temps qu’elles en préfigurent la fin, puisque la lutte est censée cesser quand les revendications sont satisfaites. À l’inverse, les luttes sans revendications, souvent insurrectionnelles et enragées, et qualifiées avec mépris d' »émeutes », s’élèvent contre le « tort en soi » qui est subi, et qu’une simple réforme ne saurait suffire à réparer. Les luttes sans revendications refusent de respecter les « règles du jeu », de prendre les formes « convenues » du conflit social, celles qui présupposent qu’il est néfaste de détruire des biens matériels, et qu’il faut faire des demandes précises pour pouvoir avancer. Si elles semblent , dans leur forme, en contradiction avec leur objectif (puisqu’elles ne présentent pas de revendication qui pourrait être satisfaite, elles sont qualifiées de « suicidaires »), peut-être qu’au contraire plus cohérentes que les luttes réformistes, puisqu’elles assument que la réelle opposition ne saurait se résoudre grâce à un simple pansement. Cependant, on ne peut éluder la question de leur efficacité, puisqu’elles restent généralement soit le fait de groupes ultra-minoritaires, soit des moments insurrectionnels très limités dans le temps et ne construisant pas d’organisation durable pour la lutte.
C’est donc sans aucun doute dans un aller-retour perpétuel et une complémentarité que luttes avec et sans revendications doivent lutter ensemble, et faire vivre les tensions qui les opposent, pour aller vers une nécessaire transformation sociale radicale de la société.

 

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