Contrôle

Sur le contrôle de nos vies – Chomsky

Un livre de Noam Chomsky
Publié aux éditions Allia, 2001

En voici quelques extraits choisis, l’idée étant de vous donner envie de lire tout le livre…

Extraits choisis

Ces extraits sont nécessairement sortis de leur contexte du fait que je les présente ici hors du texte initial. Je ne peux que conseiller la lecture de ce livre.


Exclure la majorité du pouvoir

Le peuple est considéré comme un ennemi dangereux. Il doit être contrôlé pour son propre bien.

Protéger la minorité des nantis de la majorité. S’assurer que le pays soit gouverné par ceux qui le possèdent.

Aujourd’hui, les peuples sont considérés comme des étrangers au système, ignorants et importuns, dont le rôle est celui de spectateurs et non de participants, hormis en de périodiques occasions où ils ont le droit de choisir parmi les représentants du pouvoir privé.

La population, comme le prouvent très clairement les scrutins, est fortement opposée, dans l’ensemble, au cours que prennent les choses, mais cette opposition ne parvient pas à se traduire dans les faits.

Quand le peuple, comme il lui arrive souvent, cherche à s’organiser et à investir l’arène politique, pour jouer un rôle et défendre ses propres intérêts, alors il y a un problème. Ce n’est pas la démocratie, c’est une « crise de la démocratie », qui doit être surmontée.

Le salariat comme outil de paix sociale

À l’aube de la révolution économique aux États-Unis, il y a 150 ans, le travail salarié n’était pas loin d’être considéré comme une véritable forme d’esclavage, non seulement par les travailleurs des fabriques, mais par une grande partie de l’opinion commune.

Renforcer la menace (qui n’a pas besoin d’être mise à exécution, même si elle l’est parfois : la menace suffit) de mutation professionnelle, bonne manière d’asseoir la discipline tout en sapant la sécurité.

Alan Greenspan a déclaré devant le Congrès qu’une « plus grande insécurité des travailleurs » était un facteur important de ce qu’on appelle « l’économie de contes de fées ». Elle maintient l’inflation à un bas niveau, les travailleurs n’osent pas réclamer d’augmentation et d’avantages sociaux. Ils sont en situation d’insécurité.

Les formes démocratiques gardent peu de substance quand « la vie du pays » (production, commerce, médias) est dominée par des tyrannies privées dans un système qu’il appelait « féodalisme industriel ».
Appel à l’éradication du féodalisme industriel et à son remplacement par une démocratie industrielle autogérée.

Des hommes moins libres que des constructions abstraites

Dans la version actuelle de la mondialisation, celle des investisseurs, les capitaux et les compagnies doivent être libres de se déplacer, mais on les gens, car leurs droits sont secondaires, accessoires.

Durant le XXè siècle, l’idée que des constructions abstraites comme des sociétés, des montages financiers ou des États ont des droits spéciaux prévalant sur ceux des personnes a été très vigoureusement défendue. Les exemples les plus marquants en sont le bolchevisme, le fascisme et le pouvoir des entreprises.

Critique de la gauche du marxisme, et critiques anarchistes du bolchevisme (des gens comme Rosa Luxembourg) : ceux-ci avertiront, dès le début, que l’idéologie centraliste allait ôter le pouvoir des mains des travailleurs pour le confier au parti, au comité central puis au chef suprême, ce qui ne manqua pas d’arriver après la conquête du pouvoir en 1917, qui vit la destruction immédiate de tout ce qui pouvait subsister des formes ou des principes socialistes.

Le libre flux des capitaux instaure ce qu’on appelle parfois un « parlement virtuel » du capital mondial, lequel a un pouvoir de véto sur les politiques générales qu’il juge irrationnelles. À savoir le droit du travail, le programme d’éducation ou de santé, ou encore les efforts pour stimuler l’économie. À vrai dire, tout ce qui est susceptible d’aider les gens, et non de favoriser les profits.

Démantèlement du système de Bretton Woods : libéralisation des marchés financiers et taux de change flottants. Cette période restera également comme celle du démantèlement des mesures sociales démocratiques qui avaient considérablement amélioré des conditions de vie.

Si les effets se font sentir dans les sociétés riches, ils sont une véritable catastrophe dans les société plus pauvres.

TINA

Crise de la dette : ce n’est en aucune façon un simple fait économique. C’est, en grande partie, une construction idéologique.

There is no alternative : TINA, selon la formule de Margaret Thatcher.

Les Latino-Américains ont le droit d’être libres, libres d’agir selon nos désidératas. Nous voulons qu’ils puissent choisir leur propre destin, à condition qu’ils ne fassent pas de choix dont vous ne voulons pas, auquel cas nous devons restaurer les structures traditionnelles du pouvoir, par la violence si nécessaire.

La liberté d’accord, mais celle de faire le bons choix !

La possibilité de se révolter

La question est de savoir si les gens ont le droit de refuser d’être des cobayes.
La souveraineté du producteur.

Le producteur règne ; les consommateurs en sont réduits à se défendre comme ils peuvent.

Il n’est pas de la responsabilité, mettons, des industries chimiques qui fabriquent des pesticides de démontrer, de prouver que les produits qu’ils répandent dans l’environnement sont sans danger. C’est au public qu’il revient de faire la preuve qu’ils sont nocifs.


Si vous aimez Noam Chomsky…

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