Archives par mot-clé : Ecologie

Murray Bookchin : Communalisme et municipalisme libertaires

Je reproduis ici un article de Paul Boino qui décrypte les idées de Murray Bookchin et les analyse à l’aune des idées communistes libertaires. Un article publié en 2001 sur le site https://libertaire.pagesperso-orange.fr et qui n’a rien perdu de sa pertinence.

Murray Bookchin : Communalisme et municipalisme libertaires

En pour, en contre, le municipalisme libertaire ne laisse pas indifférent…

Dangereuse déviation réformiste pour les uns, re-formulation pertinente et nécessaire de la praxis antiautoritaire pour les autres, la proposition formulée il y a maintenant plus de vingt ans par Murray Bookchin (voir AL 230) a provoqué et provoque encore des réactions extrêmement contrastées au sein du mouvement libertaire. Les prises de position radicale, assenées à grands coups d’arguments péremptoires, conçus moins pour convaincre ou débattre, que pour dénigrer ou exalter, pour glorifier ou flétrir, se sont succédé et agitent encore, de temps à autres, le landerneau anarchiste.

À regarder ainsi s’affronter tenants et adversaires du municipalisme, un candide pourrait croire qu’il s’agit d’un enjeu de toute première importance.

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Au sujet de la pureté militante

Écrit en 1993 par Françoise Blanchon, cet excellent texte aborde la question de la pureté militante, ici sous l’angle de l’antispécisme, pureté qui est trop souvent vécue comme gage de « radicalité ».

« Un des éléments essentiels du mouvement de libération animale est qu’il ne s’agit pas d’une simple question de « morale personnelle », privée, mais d’une exigence politique, ne se rapportant pas seulement à soi-même, semblable à l’exigence qui anime les autres mouvements libérateurs du passé et du présent. »

Ce texte a été initialement publié dans les Cahiers Antispécistes n°7, en juin 1993.

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L’écoféminisme – Une intersectionnalité globale et radicale

L’écoféminisme est une remise en cause fondamentale de la manière dont fonctionne notre société (au sens de la société dominante : patriarcale, blanche et capitaliste). Il propose, comme outil de lutte et comme objectif (les moyens de nos luttes sont la préfiguration de nos effets recherchés), de revaloriser notre rapport à la nature.
L’écoféminisme vise l’abolition de la toute-puissance de l’espèce humaine sur ce qui l’entoure, ainsi que de toutes les formes de domination et d’exploitation (intersection classe-race-genre).

L’écoféminisme est né dans les années 1980, dans le cadre des luttes antinucléaires. Les textes écoféministes (lire l’anthologie « Reclaim » aux éditions Cambourakis) ne proposent pas de définition abstraite ou savante du mouvement, certains n’emploient pas le terme. C’est de manière empirique et non a priori que sont connectés dans ces textes les enjeux féministes et écologiques – à travers la redécouverte de l’histoire de la destruction croisée, au cours de la modernité, des femmes et de la nature.

L’écoféminisme n’est certainement pas monolithique, mais je me propose ici de partager ce qu’elle signifie pour moi.

L’écoféminisme me semble être une pensée extrêmement radicale, du fait qu’elle fait le lien entre les multiples et complexes causes et conséquences imbriquées de l’état des chose actuel qu’il s’agit de mettre à bas :
Opposition nature et culture, corps et intellect / Questions sociales et écologiques / Sacré et toute-puissance / Savoirs, cultures, ethnocentrisme / Racisme, colonialisme, impérialisme / Exploitation, maîtrise et capitalisme / Autonomie et émancipation / Religions instituées et sciences / Intersectionnalité et dominations.

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Construire l’autonomie – Se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité

Je reproduis ici la préface du livre « Construire l’autonomie – Se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité », publié par l’Offensive Sociale et Libertaire (OSL) en 2013 aux éditions L’échappée, dans la collection Pour en finir avec.

Dans ce livre, dont je vous conseille la lecture, on trouvera quatre parties :

  • Travail, quel sens ? Revaloriser les savoir-faire et la culture de métier
  • Un commerce sans capitalisme. Retrouver de l’autonomie dans les échanges
  • Nous voulons la terre ! La ruralité comme espace de résistance
  • Précaires pourquoi ? S’affranchir de la dépendance économique

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Enrayer la chute

Comparer le lent crash de l’A320 de la Germanwings avec la chute de notre « civilisation » ? Un texte percutant de Bernard Defrance, que je relaie ici.

Il y fait le parallèle entre le crash de l’A320 de la Germanwings à proximité de Barcelonnette le 24 mars 2015 (lire ici) et la chute de notre société.
Bernard Defrance, philosophe, ancien professeur de psychopédagogie et de philosophie de l’éducation en École normale d’instituteurs et professeur de philosophie en lycée, a publié ce texte sur son site le 27 mars 2015.

Enrayer la chute ?

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Les questions d’énergie aujourd’hui et dans le futur

Intervention passionnante de Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil, devant une commission d’enquête du Sénat sur le coût réel de l’électricité.

Il est odieux et brillant. Il est iconoclaste et il parle très vite.  Ses réflexions l’amènent à défendre le nucléaire comme une nécessité, mais même si cette conclusion ne nous plaît pas, il me semble qu’il nous faut entendre sa réflexion dans son ensemble, les arguments et les faits qu’il avance, qui sont de ceux qu’on n’entend quasiment jamais.

Vidéo à voir ici.
(Ne comptez pas faire autre chose en même temps, ça demande une concentration certaine !)

Si besoin, transcription complète de la vidéo : ici