Je reproduis ici le Politest, un test pensé par Laurent Cald, qui permet de confronter des positions politiques de droite et de gauche, et de se positionner. Évidemment, c’est simplificateur, mais il ne me semble pas que ce soit caricatural. Et surtout, c’est un support qui peut être utile pour lancer des discussions collectives sur les différentes orientations possibles dans une société.
- « Vous trouvez qu’on paye trop d’impôts ? Ou pas assez ?
- Vous estimez qu’on devrait taxer massivement les profits des banques ?
- Vous estimez que la mondialisation permet à des millions de personnes dans le monde de sortir de la pauvreté ? Qu’il faut dire non à l’Europe ?
- Vous pensez qu’il faut légaliser le cannabis pour mettre fin aux réseaux mafieux ? Ou multiplier les interdits ?
- Vous trouvez que la présence de la police génère plus de tension que d’apaisement ?
- Que l’intégration pose problème pour certains immigrés ?
- Vous jugez que ce qui fait l’identité nationale, c’est une langue, un patrimoine culturel, un art de vivre et des racines chrétiennes ? »
Ce test peut se réaliser en ligne, ce qui permet d’en obtenir le « résultat » automatiquement.
Il a par ailleurs été décliné dans un livre aux éditions Max Milo + en poche aux éditions J’ai Lu.
J’en reproduis les questions ci-dessous : 12 questions portant sur différents thèmes (les impôts, la religion, la lutte contre la délinquance…), avec à chaque fois plusieurs propositions (entre 3 et 5 selon les thèmes).
Pour chaque question, notez sur une feuille votre réponse (a, b, c…)
1/ Les impôts
- a) Il faut baisser les impôts pour tous quand l’État en a les moyens, et les augmenter pour tous quand c’est nécessaire.
- b) Il faut une baisse générale des impôts pour permettre aux entreprises et aux particuliers d’investir plus d’argent dans l’économie, afin de créer davantage d’emplois.
- c) Il faut baisser les impôts qui pèsent sur les personnes les moins riches, et les augmenter sur les personnes ou les entreprises les plus riches pour faire jouer la solidarité, et donner à l’État les moyens de financer les services publics.
2/ La mondialisation
- a) La mondialisation engendre une concurrence qui doit être encadrée : il faut que les États imposent des règles pour mieux protéger les droits des salariés, l’environnement, et les secteurs sensibles des économies de chaque pays.
- b) Il faut supprimer toutes les barrières douanières, en même temps que les subventions ou les réglementations nationales qui faussent la concurrence, pour que la concurrence entre les entreprises du monde entier puisse se faire sans entrave : c’est de cette façon qu’on obtiendra le plus d’efficacité économique et de croissance.
- c) La mondialisation peut être une chance : elle permet aux entreprises de trouver de nouveaux marchés, et les emplois délocalisés sont en général compensés par d’autres qui sont plus qualifiés, et qui font progresser le niveau de vie ; mais il faut aussi que les gouvernements aident leurs populations lorsqu’elles ne trouvent pas leur place dans la mondialisation.
- d) La mondialisation de l’économie aggrave l’exploitation et la pollution des pays pauvres, et détruit des emplois dans les pays riches : il faut que des institutions internationales réellement démocratiques protègent les droits des populations, et non plus ceux des multinationales.
- e) La mondialisation est une chance, car l’ouverture des frontières donne accès à des marchés nouveaux, ce qui crée des emplois : il faut donc faire tomber les « barrières » qui empêchent les produits et les services de circuler librement ; mais pour que les entreprises en profitent, il faut les libérer le plus possible des contraintes réglementaires qui les désavantagent par rapport à leurs concurrentes étrangères.
3/ La pauvreté et l’exclusion
- a) Plutôt que de trop assister les gens (ou de les inciter à profiter du système), il faut les responsabiliser afin qu’ils comptent plus sur eux-mêmes et moins sur L’État pour s’en sortir.
- b) L’État doit venir en aide aux plus démunis, mais il ne faut pas tout attendre de l’État.
- c) L’État doit faire en sorte que chacun reçoive de quoi vivre décemment.
4/ Les services publics et la place de l’État
- a) L’État doit concentrer ses efforts sur ses principales missions de service public, et partager ses autres missions avec le privé (pour la sécurité sociale, la poste, les universités…) afin de faire baisser ses coûts de fonctionnement et de gagner en efficacité.
- b) Il faut augmenter le nombre d’emplois publics, et consacrer beaucoup plus d’argent aux services publics afin que chaque usager, quels que soient ses moyens, ait accès à des services publics de qualité (pour la santé, l’éducation, la culture, l’eau, l’énergie, les communications, les transports collectifs…) ; les services publics ont une mission sociale, ils ne doivent pas chercher à être rentables.
- c) Tous les services publics ont une mission sociale – ne laisser personne à l’écart – que des entreprises privées ne pourraient pas assumer ; ils doivent disposer des moyens suffisants pour servir la collectivité, mais l’État doit aussi chercher à les rendre plus efficaces.
- d) Pour assurer leur mission sans représenter une trop lourde charge pour l’État, les services publics doivent devenir à la fois plus efficaces et moins coûteux ; quelques-uns (comme, par exemple, la poste ou le transport ferroviaire) peuvent être mis en concurrence avec des entreprises privées, et même être en partie privatisés – dès lors que l’État en garde le contrôle – ce qui les incitera à s’améliorer.
- e) L’État doit se recentrer sur ses trois véritables missions que sont la police, la justice et la défense nationale ; tout le reste peut être confié au privé, dont les méthodes de gestion sont bien plus efficaces.
5/ Les entreprises
- a) Il faut imposer par la loi des avancées sociales dans les entreprises ; et il faut renchérir le coût des licenciements pour les entreprises qui font des bénéfices.
- b) L’État doit redonner aux entreprises toute leur liberté, en supprimant les prélèvements et les réglementations qui leur sont imposés et qui les handicapent dans leur développement.
- c) Il faut aider en priorité les petites et moyennes entreprises en allégeant leurs charges et leurs contraintes administratives, et laisser patrons et syndicats négocier les modes de fonctionnement les mieux adaptés à chaque branche d’activité.
- d) Il faut que les profits des entreprises aillent en priorité aux salariés, et non plus aux actionnaires ; et il faut interdire les licenciements collectifs aux entreprises qui font des bénéfices, sous peine que ces entreprises soient réquisitionnées par l’État au profit de leurs salariés.
- e) Il faut que les entreprises supportent moins de charges sociales et moins de réglementations, pour qu’elles hésitent moins à embaucher et puissent être plus compétitives.
6/ La religion
- a) Qu’on soit croyant ou non, on ne doit pas négliger les valeurs morales portées par la religion.
- b) On doit accepter tous types de pratiques religieuses dès lors qu’elles sont librement consenties, même lorsqu’elles paraissent choquantes aux yeux de certains.
- c) Il faut combattre la morale religieuse, car elle empêche les gens de vivre et de penser librement.
- d) La religion peut parfois être un frein aux libertés individuelles, mais elle apporte aussi des réponses aux grandes questions de l’existence.
- e) Le message de la religion est primordial, car il nous guide dans notre vie en nous aidant à distinguer le bien du mal.
7/ Les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres)
- a) Il faut l’égalité des droits pour les personnes LGBT, et il faut laisser à chacun la possibilité de choisir son identité sexuelle, en facilitant le changement d’état-civil, et en sensibilisant les jeunes au respect des choix et des orientations sexuelles de chacun.
- b) La priorité ne devrait pas être de donner de nouveaux droits aux personnes LGBT, mais plutôt de défendre la famille traditionnelle, qui est un pilier de notre société, avec un père et une mère pour élever des enfants.
- c) Il faut reconnaître l’homoparentalité et tendre vers l’égalité des droits pour les couples homosexuels, en autorisant la procréation médicalement assistée (la PMA) pour toutes les femmes.
- d) Il faut une égalité totale des droits pour les personnes LGBT, qui doivent pouvoir avoir des enfants si elles le souhaitent : il faut autoriser non seulement la PMA pour toutes, mais aussi la GPA, la gestation pour autrui (le recours à une mère porteuse), dès lors que son usage est strictement encadré pour éviter tout risque de marchandisation du corps des femmes.
- e) S’il faut lutter contre les discriminations dont les personnes LGBT peuvent être victimes, il faut aussi défendre le modèle du couple hétérosexuel.
8/ Le droit à l’avortement
- a) Il faut défendre le droit des femmes à avorter librement et gratuitement.
- b) S’il faut garantir le droit à l’avortement, il faut aussi sensibiliser les femmes au fait qu’un avortement n’est pas un acte anodin.
- c) Toutes les femmes doivent avoir la possibilité d’avorter : il faut allonger le délai légal pendant lequel un avortement peut être réalisé et il faut supprimer la « clause de conscience » qui permet à des médecins de refuser de pratiquer des avortements.
- d) Les femmes ne devraient pouvoir avorter que quand leur santé est en danger, ou lors de grossesses consécutives à un viol.
9/ Les drogues
- a) La légalisation du cannabis serait une grave erreur : il faut plutôt lutter contre l’usage de toutes les drogues.
- b) Il faut légaliser les drogues douces, et dépénaliser l’usage des drogues dures.
- c) Il faut légaliser le cannabis, en prônant, comme pour l’alcool, un usage modéré.
- d) La question des drogues est complexe : il faut avant tout tenir compte de l’avis des spécialistes.
10/ La lutte contre la délinquance
- a) Chacun est responsable de ses actes : on peut toujours décider de ne pas tomber dans la délinquance ; aussi, pour dissuader les délinquants de passer à l’acte, il faut que les sanctions encourues soient vraiment dissuasives.
- b) C’est souvent dans des contextes difficiles que se développe la délinquance (chômage, ghettos, problèmes familiaux, difficultés d’intégration…), mais le contexte n’explique pas tout ; c’est un juste équilibre entre prévention et sanctions dissuasives qu’il faut trouver pour lutter efficacement contre la délinquance.
- c) La délinquance est d’abord le fruit de contextes difficiles (chômage, ghettos, problèmes familiaux, difficultés d’intégration…) ; pour obtenir des résultats durables en matière de lutte contre la délinquance, c’est donc à ces contextes qu’il faut, en priorité, s’attaquer.
11/ Droit de vote et nationalité
- a) Tous les étrangers, d’où qu’ils viennent, qui sont installés depuis longtemps en France, doivent pouvoir voter au moins aux élections locales ; et il faut leur faciliter l’acquisition de la nationalité française.
- b) Seuls les Français doivent avoir le droit de vote ; et, sauf exception, on ne peut pas être français sans avoir des parents français : il faut appliquer le « droit du sang », et non le « droit du sol ».
- c) Seuls les Français doivent avoir le droit de vote ; et tous les gens qui sont nés et qui vivent en France, quelle que soit leur origine, doivent avoir la nationalité française.
- d) Tous les étrangers résidant en France doivent avoir le droit de vote, quelle que soit leur nationalité.
- e) Seuls les Français doivent avoir le droit de vote ; et ne doivent pouvoir devenir français que les immigrés qui montrent leur attachement à la France, en faisant des efforts pour s’intégrer, et en faisant une démarche volontaire pour obtenir la nationalité.
12/ L’immigration
- a) L’intégration fonctionne quand les immigrés sentent qu’ils ont non seulement des droits, mais aussi des devoirs ; et il est important de lutter contre l’immigration clandestine.
- b) Les problèmes liés à l’immigration ne proviennent pas des immigrés, mais du contexte (économique, social, historique…) dans lequel l’immigration se produit, et la première urgence est de faire respecter les droits des immigrés, qu’ils soient en situation régulière ou non.
- c) Pour faciliter l’intégration des immigrés, il faut lutter contre le chômage, qui incite au repli sur soi, et faire respecter les droits des immigrés en luttant contre les discriminations dont ils peuvent être victimes.
- d) Pour que l’intégration soit réussie, il faut, à la fois, que les immigrés soient moins discriminés, et qu’ils respectent les valeurs du pays d’accueil.
- e) Certains immigrés resteront toujours des étrangers : leur place serait plutôt dans leur pays, pour notre bien et pour le leur.
Question facultative
Pour vous, le plus important pour se sentir proche d’un parti ou d’une personnalité politique, c’est de partager les mêmes convictions sur :
- a) La façon d’envisager les problèmes économiques et sociaux.
- b) Les questions de société, l’évolution des mœurs.
- c) L’idée qu’on se fait de la France, ou de l’Europe, ou du monde.
ANALYSE
Votre positionnement gauche-droite
Tous les thèmes abordés dans le questionnaire servent à vous situer sur trois axes gauche-droite :
- 1er axe – Les questions économiques et sociales
- 2ème axe – Les manières de vivre
- 3ème axe – L’identité et la responsabilité
Ces axes sont indépendants les uns des autres : vous pouvez être à droite sur le premier, à gauche sur le deuxième, et au centre sur le troisième.
Pour vous situer sur un axe, faites la somme des points correspondant à vos choix sur chacun des thèmes se rapportant à l’axe. Pour certains choix, les points sont inférieurs à zéro (–1, –2), pour d’autres, les points sont supérieurs à zéro (+1, +2), pour d’autres enfin, les points sont égaux à zéro.
- Si la somme des points est inférieure à zéro, vous vous situez à gauche sur cet axe.
- Si la somme des points est égale à zéro, vous vous situez au centre sur cet axe.
- Si la somme des points est supérieure à zéro, vous vous situez à droite sur cet axe.
1er axe : Les questions économiques et sociales
Êtes-vous plutôt favorable à l’intervention de l’État ou plutôt favorable au désengagement de l’État ?
Résultat :
- Inférieur à zéro : favorable à l’intervention de l’État.
- Supérieur à zéro : favorable au désengagement de l’État.
Calculez vos points :
- Thème n°1 – Les impôts : a) 0 b) +2 c) –2
- Thème n°2 – La pauvreté et l’exclusion : a) +2 b) 0 c) –2
- Thème n°3 – Les services publics et la place de l’Etat : a) +1 b) –2 c) –1 d) 0 e) +2
- Thème n°4 – Les entreprises : a) –1 b) +2 c) 0 d) –2 e) +1
2ème axe : Les manières de vivre
Êtes-vous plutôt « conservateur » (favorable à un certain respect des normes établies) ou plutôt « laisser-faire » (favorable à la liberté de chacun de ne pas tenir compte de ces normes) ?
Résultat :
- Inférieur à zéro : « laisser-faire ».
- Supérieur à zéro : « conservateur ».
Calculez vos points :
- Thème n°5 – La religion : a) +1 b) –2 c) –1 d) 0 e) +2
- Thème n°6 – Les droits des LGBT : a) –1 b) +2 c) 0 d) –2 e) +1
- Thème n°7 – Le droit à l’avortement : a) 0 b) +1 c) –2 d) +2
- Thème n°8 – Les drogues : a) +2 b) –2 c) –1 d) 0
3ème axe : L’identité et la responsabilité
Quelle importance accordez-vous au contexte dans lequel une personne évolue pour comprendre qui elle est et comment elle se comporte ? Quelle est la part du contexte et quelle est la part de notre responsabilité individuelle dans ce qui fait notre identité ?
Résultat :
- Inférieur à zéro : prépondérance du contexte.
- Supérieur à zéro : prépondérance de la responsabilité individuelle.
Calculez vos points :
- Thème n°9 – La lutte contre la délinquance : a) +2 b) 0 c) –2
- Thème n°10 – Droit de vote et nationalité : a) –1 b) +2 c) 0 d) –2 e) +1
- Thème n°11 – L’immigration : a) +1 b) –2 c) –1 d) 0 e) +2
- Thème n°2 – La pauvreté et l’exclusion : a) +2 b) 0 c) –2
(Attention : le thème n°2 concerne deux axes à la fois)
Votre axe principal
L’un des trois axes peut être plus important pour vous : cet « axe principal » est déterminé par votre choix à la question facultative.
Résultat :
- a) 1er axe b) 2ème axe c) 3ème axe
Votre positionnement gauche-droite
- Plus un axe se rapproche de –8, plus vous vous situez à gauche sur cet axe.
- Plus un axe se rapproche de 0, plus vous vous situez au centre sur cet axe.
- Plus un axe se rapproche de +8, plus vous vous situez à droite sur cet axe.
- Si tous vos axes sont compris entre –2 et +2 : vous vous situez au centre.
- Si vous avez deux axes compris entre –2 et +2, et un axe inférieur à –2 : vous vous situez plutôt à gauche.
- Si vous avez deux axes compris entre –2 et +2, et un axe supérieur à +2 : vous vous situez plutôt à droite.
Sinon :
- Si vous avez au moins deux axes inférieurs à –2 : vous vous situez à gauche.
- Si vous avez au moins deux axes supérieurs à +2 : vous vous situez à droite.
Sinon :
Vous vous situez du côté de votre « axe principal ».