Pendant cette année scolaire, j’ai continué d’intervenir auprès de structures très diverses : 13 associations d’éducation populaire (Centres sociaux, MJC et autres), 6 syndicats et organisations politiques, 5 associations militantes et ONG, 2 coopératives et associations autogérées, 1 collectif de vie, 1 collectif SSA (sécurité sociale de l’alimentation), et 1 cadre universitaire.
En additionnant tous ces chiffres, on obtient 27 commandes (dont 9 Qualiopi et 1 DLA) ayant donné lieu à 56 jours « face public » (dont 23,5 en week-end) et 32 déplacements professionnels (sur l’année civile 2025, j’ai parcouru 35000 km avec la SNCF !), pour un total de 225 jours de travail.
Sur quoi ont porté ces interventions ?
L’éducation populaire
Cette année j’ai réalisé 19 interventions autour de l’éducation populaire : histoire, pratiques et posture ; participation, implication, développement du pouvoir d’agir, dynamique associative/syndicale/coopérative, agir dans l’espace public, animer des débats collectifs, animer des réunions, prendre des décisions à plusieurs, démocratie, émancipation et transformation sociale, libertés associatives, assemblées générales.
L’organisation du travail & les fonctionnements internes d’inspiration autogestionnaire
11 interventions ont porté sur l’organisation du travail et les fonctionnements internes d’inspiration autogestionnaire : construire la coopération, facilitation de temps de travail, comprendre collectivement et dépasser un conflit, structurer des pratiques internes démocratiques, socianalyse institutionnelle, organisation du travail (salarié, militant, bénévole), prévention de l’épuisement et du burn-out, fonction employeur (pour des bénévoles en TPA), salariat et engagement.
Les stratégies pour avoir un impact sur le réel
4 interventions ont concerné sur les stratégies pour avoir un impact sur le réel : community orgianizing, interpeller l’opinion publique et les pouvoirs publics, stratégie de mobilisation, de syndicalisation, campagne d’opinion, de revendication, élections professionnelles, penser les tensions stratégiques : rapport au pouvoir, à la loi, à la violence, éthique / efficacité, pureté / ouverture…
Étant donnée la période, j’interviens tout particulièrement sur la question de l’agir face à l’extrême-droite et aux atteintes aux libertés associatives.
Stages de chant
Et en tant que Passeuse de chant, j’ai animé 4 stages de chant : 1 à Saint-Nazaire, 1 à Paris, 1 en Vendée avec le super collectif Ch’mob, et 1 à Paris avec l’Improbubble Band et l’Orchestre national de jazz. Le chant polyphonique est mon instrument depuis que je suis petite, et aujourd’hui, en tant qu’animatrice, c’est pour moi un outil pour favoriser l’écoute, la (re)prise de parole, le fait de prendre sa place, toute sa place, mais rien que sa place, la création d’une force collective et d’une joie puissante. Tout cela en découvrant et partageant des bouts d’histoires et d’Histoire, des rêves et des colères exprimées en chanson. Face aux situations que nous vivons, il est nécessaire d’accepter de nous laisser toucher, là où tout nous pousse à nous renfermer et à fermer les yeux sur les réalités qui nous entourent.
Pour soutenir tout ça…
Pour soutenir ma capacité à mener ces activités :
– J’échange beaucoup avec des collègues et camarades, à l’occasion de rdv informels, de rencontres de réseau, de projets collectifs, etc.
– J’ai participé à 6 formations professionnelles pour me renforcer
– Je participe à des séances mensuelles d’analyse de la pratique
– Je bénéficie d’une supervision régulière.
Et concrètement, ça prend quelles formes ?
En fonction de la demande, de la taille du collectif et des possibilités de financement, j’interviens soit seule soit avec un·e collègue.
Accompagnements & Interventions cliniques
Les accompagnements (j’en ai réalisé 7 cette année, dont 1 DLA), ce sont des interventions cliniques au cours desquelles j’interviens en tant que tiers à la demande d’un collectif qui souhaite travailler des questions qu’il a du mal à travailler dans ses cadres habituels. Cela peut concerner l’organisation du travail et/ou les lignes politiques ou stratégiques : dans tous les cas il existe au sein du collectif des conceptions et des visions différentes, une difficulté à s’en parler, à débattre et à décider. Ma mission n’est alors pas de faire un diagnostic et une prescription (je ne suis pas une consultante de chez Cap Gemini !), mais d’accompagner l’expression, l’écoute, l’élaboration des contradictions, la délibération des membres du collectif. Au fil de ce travail, j’apporte des éclairages si nécessaire, je questionne les évidences, je souligne les symptômes et invite à se pencher sur les causes. Ma posture est toujours celle d’une animatrice de processus collectifs d’éducation populaire : l’objectif est de permettre au collectif de prendre du recul sur sa situation, de comprendre ce dans quoi il est pris, et de trouver des moyens d’action pour agir dessus de manière à mieux réaliser la mission qu’il se donne à lui-même (en précisant celle-ci si nécessaire) et en mettant en œuvre au mieux les principes et valeurs qu’il défend (en les réaffirmant au passage). On est là au cœur du principe de la Praxis : la nécessité de réaliser des allers-retours entre action et réflexion pour avancer en prenant en charge les contradictions qui existent forcément dès lors qu’on agit dans le réel, entre éthique et efficacité, entre idéal et contraintes, etc. Pour le dire simplement, on tourne autour des questions suivantes : « Après quoi on court ? Comment on s’y prend ? Est-ce que c’est satisfaisant ? Qu’est-ce qu’on voudrait changer ? Comment on pourrait s’y prendre ? ». Pour faire ce travail, je mobilise la sociologie, la psychosociologie, les approches cliniques du travail, toujours avec une posture clinique et d’animation de processus collectifs d’éducation populaire.
Formations
Les formations (j’en ai animé 15 cette année, dont 9 formations professionnelles Qualiopi), ce sont des sessions d’au moins une journée au cours desquelles je tâche de transmettre des connaissances, des analyses, des conceptions, des pratiques, des postures (…), à la fois par une transmission de contenus et par une mise au travail concrète des participant·es. Je ne forme pas des têtes vides qu’il s’agirait de remplir, mais des professionnel·les, des bénévoles, des militant·es, qui ont déjà une pratique et qui s’interrogent. Nous partons donc de leurs conceptions et de leurs préoccupations, pour aller vers des pistes de transformation des pratiques. Le but des formations que je propose n’est en effet pas de développer son savoir (ce qui est un moyen utile, mais pas une finalité), mais de développer sa capacité à agir dans un sens collectivement discuté, dans l’optique d’aller vers une société plus solidaire, écologique, égalitaire et libre pour toustes. Les formations que j’anime (je me considère comme une animatrice de formation, et non comme une formatrice) ne sont pas des modules prêt-à-l’emploi que je reproduis d’une structure à l’autre. Je les crée et les re-crée en fonction des situations et besoins singuliers de mes commanditaires. Elles portent sur l’éducation populaire et les dynamiques collectives, sur les stratégies, et sur les fonctionnements internes d’inspiration autogestionnaire, et souvent j’entremêle ces trois thèmes.
Interventions en tribune
Les interventions en tribune, contrairement aux formations, restent uniquement dans le registre de la parole : je raconte mes salades puis on en discute. Mais le cadre ne permet généralement pas d’aller vers l’analyse collective des pratiques actuelles des participant·es et vers le passage à l’action. C’est pour moi toujours un peu frustrant qu’on n’aille pas plus loin, mais c’est déjà ça. J’ai été sollicitée pour 5 interventions de ce type cette année, dans des cadres très intimistes (dans le sous-sol d’un bar avec une quinzaine de présent·es) ou très larges (lors d’une rencontre professionnelle avec plus de 400 personnes dans l’auditoire).
Groupes d’analyse de la pratique et de régulation de groupe
J’anime par ailleurs des sessions d’analyse de pratique, ainsi que des séances de régulation de groupe. Il s’agit d’interventions courtes auprès de petits groupes, répétées régulièrement pour permettre un travail sur la durée. Les analyses de pratiques portent sur les pratiques et postures d’éducation populaire (dans l’associatif et le syndicalisme principalement : j’ai animé 3 groupes d’AdP cette année), tandis que les régulations portent sur le fonctionnement interne du groupe (j’en ai animé 2 cette année).
Animation
Quant à ce que j’appelle « animation », c’est quand je suis en position d’animatrice directement en lien avec les destinataires finaux de l’action, et non avec les professionnel·les, bénévoles, militant·es qui sont elleux-mêmes en situation d’animation. Cela est arrivé à 3 reprises cette année.
Et en tant que passeuse de chant
Et puis, en tant que passeuse de chant, j’ai animé 4 stages de chant : 1 à Saint-Nazaire, 1 à Paris, 1 en Vendée avec le super collectif Ch’mob, et 1 à Paris avec l’Improbubble Band et l’Orchestre national de jazz. Le chant polyphonique est mon instrument depuis que je suis petite, et aujourd’hui, en tant qu’animatrice, c’est pour moi un outil pour favoriser l’écoute, la (re)prise de parole, le fait de prendre sa place, toute sa place, mais rien que sa place, la création d’une force collective et d’une joie puissante. Tout cela en découvrant et partageant des bouts d’histoires et d’Histoire, des rêves et des colères exprimées en chanson. Face aux situations que nous vivons, il est nécessaire d’accepter de nous laisser toucher, là où tout nous pousse à nous renfermer et à fermer les yeux sur les réalités qui nous entourent.
Merci(s) !
Pour conclure, je remercie les collègues avec qui j’ai eu le plaisir de travailler cette année, ainsi que les structures et collectifs qui m’ont fait confiance : Terres de luttes, le Cridev, Regards, les Amis de la Terre, la recyclerie Court-Circuit, Federanim, le syndicat SUD du canton de Vaux (Suisse), la Fédération des services sociaux associatifs de Wallonie-Bruxelles (Belgique), la Mission Ouvrière d’Ile-de-France, le collectif du Bol d’herbe, le collectif pour une Sécurité sociale de l’alimentation à Dieulefit, le DU Participation et mobilisation citoyenne du CNAM, le Secrétariat national de la Confédération paysanne, Survie, les CSR, l’UCL, la FSU-SNUipp, les fédérations des centres sociaux du Bas-Rhin, de la Loire et de Haute-Loire, de Charente-Maritime, de Moselle, de Loire-Atlantique, le réseau des MJC Rhône-Ain-Sâone, l’union des MJC de la Vienne, les centre sociaux Pari’s des Faubourgs, Aires 10, de la 20è chaise.
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