Archives par mot-clé : Luttes

Nuit debout – La forme, le fond et leurs paradoxes

Je reproduis ici un extrait d’un texte écrit par un participant actif à Nuit Debout (qui se trouve être professeur de philosophie), écrit pour la revue Les temps modernes, et dont cet extrait est proposé par BiblioObs.

Un récit intéressant, parce qu’il se penche sur la façon dont les Nuitdeboutistes ont recherché à mettre en place des processus démocratiques garantissant tout à la fois la liberté de parole et l’égalité des participant-es. Et sur la façon dont cette recherche de processus a finalement eu un effet contre-productif sur la production de contenus, et a sans doute contribué à l’épuisement des débats, de leur dynamique, et de celle des participant-es.

Un récit qui souligne également la façon dont le mouvement a souhaité réinventer beaucoup de choses, rejetant parfois avec véhémence des expériences issues du mouvement social ou d’ailleurs, pour des raisons louables mais avec des résultats parfois contre-productifs. C’est ce qu’on peut qualifier de « syndrome Pont de la rivière Kwaï » : oublier pourquoi on fait les choses, transformer un aspect en objectif supérieur, au détriment du projet initial.

Le numéro de la revue Les temps modernes dont est issu ce texte porte tout entier sur Nuit debout, et rassemble des textes d’étudiant-es ou de militant-es, qui racontent de l’intérieur Nuit debout, les manifestations contre la loi Travail et les cortèges de tête. Je ne l’ai pas lu et ne peux donc pas en faire le commentaire, mais je vais certainement le lire…

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Uberisation : salariat déguisé & résistances créatrices

« Germinal au royaume des plates-formes numériques ? »
L’auto-entrepreneuriat, et tout particulièrement dans le cadre des plateformes numériques typiques de l’uberisation : un salariat déguisé, dans le cadre duquel des stratégies de résistance para-syndicales et créatrices se font jour. L’enjeu : lutter pour les droits et pour le potentiel émancipateur.

« Espace de travail », une émission de Mediapart, consacrée aux questions sociales. Rachida El Azzouzi reçoit Jérôme Pinot, coursier à vélo et militant « anti-uberisation », et Patrick Cingolani, sociologue.

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Le community organizing : un syndicalisme de quartier

J’ai écrit cet article pour la revue Passerelle n°15 portant sur le thème : « De quoi le droit à la ville est-il le nom ? Représentations, usages et instrumentalisation du droit à la ville », publiée en septembre 2016.
Ce numéro, coordonné et édité par Charlotte Mathivet, est téléchargeable sur le site du Coredem, communauté de sites ressources pour une démocratie mondiale, initiative de partage de savoirs et d’outils libres.

Je le reproduis ici.

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Le community organizing en France : quel projet politique ?

Je reproduis ici le contenu de la table ronde que j’ai animée avec Marion Carrel (Maîtresse de conférences en sociologie à l’université Lille 3), et que nous avons retranscrite pour la revue Mouvements n°85 du printemps 2016.

Pour connaître les actions réalisées par ces trois praticien-nes du community organizing, se reporter à l’article « Expériences de community organizing en France », publié dans la même revue.


Alors que des campagnes inspirées du community organizing commencent à se développer en France, la curiosité et les attentes sont grandes. En quoi ces expériences constituentelles des démarches de politisation, d’éducation populaire dans les quartiers populaires ? La question démocratique dans le mouvement social est-elle renouvelée ? Au-delà du pragmatisme clairement revendiqué, quel est le projet politique ? Quel est le levier utilisé pour mobiliser : injustices sociales, discriminations ?
Nous avons souhaité donner la parole à trois pionniers du community organizing en France : Laëtitia Nonone, présidente de l’association Zonzon 93 à Villepinte, L. Real, consultant à Studio Praxis et l’un des organisateurs de la campagne nationale Stop le contrôle au faciès, et Adrien Roux, co-fondateur et organisateur au sein de l’Alliance citoyenne de l’agglomération grenobloise et du Réseau pour l’action collective transnationale (ReACT).

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Organiser les précaires – Exemples états-uniens

On trouve aux États-Unis des exemples de pratiques syndicales alternatives qui permettent l’entrée en action de travailleuses et travailleurs à qui les outils syndicaux classiques sont moins accessibles. Alors que l’organisation des précaires en France reste une gageure malgré son urgence, observons ces pratiques états-uniennes, où le monde du travail est libéralisé de plus longue date.

Un article que j’ai écrit pour le mensuel d’Alternative libertaire de juin 2016.

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Le community organizing : libertaire ou néolibéral ?

Dans son objectif d’auto-organisation en vue de la défense d’intérêts collectifs, le community organizing relève-t-il d’une logique libertaire ou néolibérale ?

Un article que j’ai écrit pour le mensuel d’Alternative libertaire du mois de juin 2016, qui fait suite à mon article précédent (à lire ici) et qui présentait la façon dont fonctionne concrètement le community organizing.

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Le traitement médiatique du mouvement social : Casseurs et prises d’otage

Reprise d’une excellente analyse par Saïd Bouamama sur son blog de la façon dont les médias produisent une vision dominante opposée à la perspective d’un changement social.

Le traitement médiatique du mouvement social : Casseurs et prises d’otage

Publié le 4 juin 2016 sur https://bouamamas.wordpress.com/

Le mouvement de contestation de la loi El Khomri fait la Une des médias lourds depuis plusieurs semaines. L’inscription dans la durée lui donne une dimension d’analyseur de ces  médias qui plus que jamais apparaissent comme remplissant une fonction sociale précise, celle que Serge Halimi a dénommé « nouveaux chiens de garde[1] » par paraphrase de Paul Nizan[2] qui attribuait cette fonction aux « philosophes » au service des classes dominantes. Sans être exhaustif, l’analyse de trois leitmotivs médiatiques permet d’interroger la production quotidienne d’une vision dominante qui en dépit de son vernis d’objectivité participe des luttes sociales en cours.

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