Archives par mot-clé : Décroissance

L’écoféminisme – Une intersectionnalité globale et radicale

L’écoféminisme est une remise en cause fondamentale de la manière dont fonctionne notre société (au sens de la société dominante : patriarcale, raciste et capitaliste). Il propose, comme outil de lutte et comme objectif (les moyens de nos luttes sont la préfiguration de nos effets recherchés), de revaloriser notre rapport à la nature.
L’écoféminisme vise l’abolition de la toute-puissance de l’espèce humaine sur ce qui l’entoure, ainsi que de toutes les formes de domination et d’exploitation (intersection classe-race-genre).

L’écoféminisme est né dans les années 1980, dans le cadre des luttes antinucléaires. Les textes écoféministes (lire l’anthologie « Reclaim » aux éditions Cambourakis) ne proposent pas de définition abstraite ou savante du mouvement, certains n’emploient pas le terme. C’est de manière empirique et non a priori que sont connectés dans ces textes les enjeux féministes et écologiques – à travers la redécouverte de l’histoire de la destruction croisée, au cours de la modernité, des femmes et de la nature.

L’écoféminisme n’est certainement pas monolithique, mais je me propose ici de partager ce qu’elle signifie pour moi.

L’écoféminisme me semble être une pensée extrêmement radicale, du fait qu’elle fait le lien entre les multiples et complexes causes et conséquences imbriquées de l’état des chose actuel qu’il s’agit de mettre à bas :
Opposition nature et culture, corps et intellect / Questions sociales et écologiques / Sacré et toute-puissance / Savoirs, cultures, ethnocentrisme / Racisme, colonialisme, impérialisme / Exploitation, maîtrise et capitalisme / Autonomie et émancipation / Religions instituées et sciences / Intersectionnalité et dominations.

Continuer la lecture de L’écoféminisme – Une intersectionnalité globale et radicale

Construire l’autonomie – Se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité

Je reproduis ici la préface du livre « Construire l’autonomie – Se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité », publié par l’Offensive Sociale et Libertaire (OSL) en 2013 aux éditions L’échappée, dans la collection Pour en finir avec.

Dans ce livre, dont je vous conseille la lecture, on trouvera quatre parties :

  • Travail, quel sens ? Revaloriser les savoir-faire et la culture de métier
  • Un commerce sans capitalisme. Retrouver de l’autonomie dans les échanges
  • Nous voulons la terre ! La ruralité comme espace de résistance
  • Précaires pourquoi ? S’affranchir de la dépendance économique

Continuer la lecture de Construire l’autonomie – Se réapproprier le travail, le commerce, la ruralité

L’émancipation dans la précarité ?

La précarité peut-elle être émancipatrice ? Pour le sociologue Patrick Cingolani, elle ne consiste pas seulement en une forme d’emploi dégradée, mais dessine des possibilités libératrices pour tous les travailleurs. Reste à mesurer ce potentiel révolutionnaire…

Je relaie ci-dessous des extraits d’une note réalisée par Cyprien Tasset, publiée sur le site de La vie des Idées, à propos du livre « Révolutions précaires. Essai sur l’avenir de l’émancipation », de Patrick Cingolani. En vous conseillant de le lire, car ces extraits, tirés de leur texte original… !

Continuer la lecture de L’émancipation dans la précarité ?

Enrayer la chute

Comparer le lent crash de l’A320 de la Germanwings avec la chute de notre « civilisation » ? Un texte percutant de Bernard Defrance, que je relaie ici.

Il y fait le parallèle entre le crash de l’A320 de la Germanwings à proximité de Barcelonnette le 24 mars 2015 (lire ici) et la chute de notre société.
Bernard Defrance, philosophe, ancien professeur de psychopédagogie et de philosophie de l’éducation en École normale d’instituteurs et professeur de philosophie en lycée, a publié ce texte sur son site le 27 mars 2015.

Enrayer la chute ?

Continuer la lecture de Enrayer la chute

Les questions d’énergie aujourd’hui et dans le futur

Intervention passionnante de Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil, devant une commission d’enquête du Sénat sur le coût réel de l’électricité.

Il est odieux et il est brillant. Il est iconoclaste et il parle très vite.  S’il fallait le situer, je dirais qu’il est un scientifique préoccupé par l’impasse écologique, de droite mais non libéral.

En tous cas ses arguments et les faits qu’il avance gagnent à être connus et pris en compte.

Vidéo à voir ici.
(Ne comptez pas faire autre chose en même temps, ça demande une concentration certaine !)

Si besoin, transcription complète de la vidéo : ici

Une société qui refuse la conflictualité se condamne à l’affrontement – Miguel Benasayag

Un entretien avec Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste et ancien résistant guévariste
Publié sur le site de L’Obs, octobre 2014

Avec recul par rapport au drame de Sivens (la mort de Rémi Fraisse, Miguel Benasayag offre une analyse des nouvelles formes de contestation.

En voici quelques extraits choisis :

Continuer la lecture de Une société qui refuse la conflictualité se condamne à l’affrontement – Miguel Benasayag

Ecologie des pauvres, écologie des riches : quand les inégalités sont aussi environnementales

« L’ouragan Katrina a été une expression extrêmement visible, y compris médiatiquement, du racisme environnemental. Les personnes âgées et les Noirs, issus majoritairement des classes populaires, ont particulièrement souffert au moment où l’ouragan a frappé, mais aussi dans la durée. Comme le montre Naomi Klein dans La Stratégie du choc, Katrina a été l’occasion pour la municipalité de gentrifier le centre-ville, et d’empêcher le retour des populations noires pauvres. »
À lire sur le site de Bastamag, juin 2014